Cet ouvrage est irrigué par deux controverses : l’une avec la culture judéo-chrétienne, une autre propre au mouvement féministe français, visant Antoinette Fouque et Simone de Beauvoir notamment. L’assignation à être mère reste prégnante, ne pas l’être diminue la femme garde vigueur dans la domination masculine et la misogynie ambiantes. Actrice du mouvement féministe, l’auteure décortique avec vigueur idées et  pratiques sur la maternité. Elle pointe des « ambivalences » au sein même du féminisme et apporte un éclairage historique sur des évidences qui n’en furent pas toujours. Son analyse sur l’émergence écologiste, puis l’éco-féminisme n’est pas la moins stimulante.

Son décryptage des maternités « hors la mère » nous alerte sur la PMA, la GPA, etc. ; avancées pour les uns/es mais, questionnant l’éthique autant que la recomposition de la domination masculine et du conservatisme sociétal. 

L’égalité entre les sexes, les genres ? Suffit-elle à assurer le droit de choisir sa vie ? Comment le néolibéralisme instrumentalise-t-il la séparation entre maternités biologique et symbolique ? Et ce n’est pas seulement affaire de marchandisation des corps… Se référant à Socrate, Artémis, Frida Kahlo ou Niki de Saint-Phalle, l’auteure montre pourquoi cette notion de maternité symbolique ressurgit avec le féminisme. Et interroge les sociétés matriarcales, en leur fondement, leur gage d’alternative au patriarcat.

Bien documenté, ce travail réinterroge la représentation de notre société. Une lecture utile.

Patrick Vassallo

Marie-Jo Bonnet, la maternité symbolique, éditions Albin Michel, 2020, 344 pages, 20,90 €.

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