Délicieux

Le conteur, la nuit et le panier

Conteur qui porte-parole bien au-delà du réel immédiat, comme un passeur d’une rive à l’autre de notre humanité. Humanité de nuit qui répond à l’inhumanité de la plantation, de l’esclavage ? Cet ouvrage est-il un point d’histoire ? Un récit d’émancipation ? Un blues, en quelque sorte ? Un essai peut-être… Un beau et long récit philosophique, de ce qui fait rhizome avec les airs et la poésie.

On y croise Deleuze, Guattari, Glissant et Césaire.

L’état poétique où nous amène le conteur provoque, accouche de ce « moment catastrophe », une sorte de disruption d’émancipation, qui à la délivrance de la parole agglomère les forces de l’écriture. Comment alors distinguer ce « moment catastrophe » de l’instant-création. Comment le cri se fait chant. La révolte, libération ?

Patrick Chamoiseau extrait de cet état-nuit une lente mélopée qui emplit le panier de la délivrance. De délivrances. Il invoque Césaire et Glissant, comparant leurs mouvements, analysant leurs mots. Faisant ainsi archipel qui résonne « curieusement » aux relents post colonialistes, aux biens mal acquis et mal restitués, aux bavures.

On lira avec délice ce récit créolisé dont les basses graves raisonnent de tant d’humanité réelle.

Patrick Vassallo

Le conteur, la nuit et le panier, Patrick Chamoiseau, Éditions du Seuil, 2021, 259 pages, 19€

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


CAPTCHA Image
Reload Image