Délicieux

Corpus Christine

Le quotidien est pavé d’enfer autant que de bonnes intentions. On ne manque pas d’exemples de ces vies de couples dont les jours passent tels une partie d’échecs, pion, dame, sans échec et mat. La lente usure et l’impossibilité d’autre temps, les envies qui s’effilochent et une douce horreur qui se mêle aux espoirs germés du petit matin. Blême, incertain, de langueurs infernales…

Max Monnehay livre dans ce roman, les clés d’un rêve éveillé, sur fond d’obésité au quotidien, de « je t’aime non plus » et de fantasmes exclusifs.

Dans ce huis-clos, les amours et les haines se renvoient la balle comme la nuit succède au jour. Le narrateur parle de sa femme. La seule, unique. De ce temps avant sa mort, sa vie ? Des petits gestes qui n’ont plus de sens mais les sens n’ont pas encore éteint toute velléité.

Ses partenaires, jeunes joueurs d’échecs, Wladimir, de la mafia russe, le voisin, autant d’ombres qui l’espace de quelques pages semblent marquer l’accompagnement des « cent vingt kilos » de ma femme, dit-il. Dont le rire éclaboussait la planète, dit-il aussi. Dont la boulimie inquiétait autant qu’elle comblait ces instants vides comme le télétravail d’un chômeur de longue durée…

La fin de la force ou les derniers sacrements. Il faut m’aider, dit-elle.

Corpus christine. Amen !

Patrick Vassallo

Corpus Christine, Max Monnehay, éditions Albin Michel, 2006, 157 pages, 15,20€

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