Délicieux

Ce que l’école peut encore pour la démocratie

Magnifique Philippe Meirieu ! Aussi fin analyseur (de la réalité scolaire),  que modeste,  comme en témoigne le sous titre de son ouvrage  « deux ou trois choses que je sais (peut être) de l’éducation et de la pédagogie » ! A mettre entre les mains de tous les enseignants et pédagogues.

Philippe Meirieu s’appuie dans cet ouvrage sur des expériences très personnelles pour mieux réfléchir au sens de la pédagogie : sa scolarité primaire et le souvenir d’un conflit entre son père et son instituteur qui lui permet de comprendre et de préconiser le dépassement des certitudes et la dialectique entre certitudes et connaissances, car « le quotidien déjoue les certitudes ».  L’anorexie de sa fille qui lui révèle l’impuissance du volontarisme d’adulte, parent ou enseignant, entre toute puissance et impuissance,  face  à la volonté d’un enfant,  la nécessité de l’envie d’apprendre ou de travailler d’un enfant, et l’expérience de 1968.

Il s’inspire d’une immensité de références : Arendt, Hameline, Tolstoi, Rousseau, et les expériences de Deligny, Korczak, Piaget, Montessori ou Jacotot entre autres…

Quelques très belles phrases qui en disent plus long qu’il n’y parait :  « tout faire en ne faisant rien », « expliquer empêche de comprendre car c’est la jouissance de l’attente qui est à la source du désir » « l’éducabilité des inéducables » « enseigner c’est résister » «  que nul ne craigne de se confronter à l’incertitude » « l’enseignant :un arpenteur du possible ».

On voudrait tout dire de ce bel ouvrage, qui n’est ni un traité, ni un système car la pédagogie est condamnée à l’inachèvement.

Ce que l’école peut encore pour la démocratie, Philippe Meirieu, Éditions Autrement, Août 2020, 280 pages, 19,90€

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