Délicieux

Les Justes

A Avignon, la scène représente le logement qui est une cache pour des terroristes révolutionnaires russes. On comprend qu’ils préparent un attentat pour libérer le peuple russe du despote : Le Grand-Duc Serge. C’est la reprise de souvenirs d’un déporté de Savinkov . Deux jours après un premier échec, Yanek lancera une bombe sur le Grand-Duc. Il sera arrêté. Il refusera de dénoncer ses compagnons pour obtenir sa grâce. Comme dans la Peste les personnages symbolisent des postures, face à la vie, au meurtre et à l’injustice. Yanek est la voie de Camus: il veut tuer, «j’ai lancé la bombe sur la tyrannie et pas sur un homme ».Il est poète et exalté: J’aime la beauté, le bonheur  contre le despotisme, la révolution pour donner une chance à la vie » . Il fait la différence entre assassin et justicier : « si je suis tué; une vie donnée pour une vie ravie ».  Avec Dora, ils sont pris entre l’amour et le devoir. Après l’arrestation de Yanek, Dora dit : « nous voilà condamnés à être plus grands que nous-mêmes, nous devons désirer qu’il meure… la Russie sera belle ».                                                                                                                                                                   Des sentiments divers traversent les autres personnages : Stepan, dur et fanatique, Boria, le chef qui tient la thèse des limites chères à Camus pour qui tout n’est pas permis, ce que partage Dora :  «même dans la destruction, il y a des limites ».

Voinof a peur et l’avoue. Il quitte le groupe ce qui entraîne un débat sur l’idée face à l’action; «  dénoncer l’injustice ne suffit pas, il faut donner sa vie… un vrai révolutionnaire ne peut s’aimer ».

Bref, la pièce met en scène les réflexions de Camus dans l’Homme révolté.

Bénédicte Goussault

Les Justes, Albert Camus, Éditions Folio 160 pages

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