Horizons d'émancipation

Le jour d’après : un enjeu politique fondamental


Cet article fait partie d’un dossier que nous consacrons à la pandémie et à ses conséquences, voir les autres éléments de ce dossier URGENCES SANITAIRES, SOCIALES ET POLITIQUES:

Sans oublier deux articles publiés fin mars :


Le 16 mars E. Macron a martelé une dizaine de fois que nous étions « en guerre ». Sidérant! La clé de cet abus de langage est dans sa phrase « le jour d’après … ne sera pas un retour aux jours d’avant ». Aveu forcé dû à l’effroi mondial face aux désastres sanitaires et sociaux de la pandémie, et aux colères montantes interpellant les responsabilités économiques et politiques ? Ou désaveu cinglant de décennies de politiques désastreuses qu’il accentuait lui-même encore quelques jours avant ? Forcés, les gouvernements du monde entier ont dû annoncer des mesures immédiates antagoniques à l’orthodoxie néolibérale régnante. Ce coût idéologique et financier aura un coût social et politique que les stratégies de choc préparent, comme les mesures « provisoires » contre le code du travail, et d’autres liberticides, l’annoncent déjà ! Le « jour d’après » macronien c’est la guerre sociale! La pandémie agît comme révélateur et catalyseur. Elle met à nu les impasses catastrophiques de la rentabilité financière et des logiques inégalitaires mortifères du néolibéralisme, stade virale inéluctable du capitalisme mondialisé, nos aveuglements écologiques, et la désorganisation profonde des États incapables d’administrer efficacement l’état d’urgence.

Certains proposent alors de réactualiser les vieux remèdes de l’État-providence et des politiques de régulation du système par un New Deal vert (J. Riffkin, N. Klein, E. Morin…) ! Mais elle révèle au fond l’état « préhistorique » de nos civilisations (K. Marx) ! Elle pourrait alors accélérer la prise de conscience de la nécessité de mettre fin à toutes les conditions et pratiques passées et présentes faites de violences et de dominations qui ont permis l’émergence et le règne d’un système antagonique à la vie, structuré par une démocratie tronquée, faite du contrôle bio-politique et de la dépossession de chacun-e d’une pleine maîtrise de son avenir personnel comme du devenir collectif. « Le jour d’après » devient alors une occasion objective de ruptures immédiates vers des alternatives émancipatrices et écologiques, de luttes politiques et idéologiques à engager dès maintenant. Le post-capitalisme et la sortie du capitalocène imposent chemin faisant une intelligence collective et un agir en commun vers une ère inaugurale, la refondation des sociétés par l’autogouvernement et le primat des valeurs de vie et de partage sur les valeurs d’usage, d’échange et marchandes. Il pourrait offrir à l’humanité une chance inédite pour « prendre conscience de sa communauté de destin et d’une boussole commune » (M. Delmas-Marty), et de choisir entre « communisme ou catastrophe » (L. Sève).

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