Esprit de suite

La démocratie est un mouvement.

« Chambre sociale », le débat continue

Je plaide pour deux propositions liées entre elles :

– une sortie de la 5ème République avec une Assemblée parlementaire ayant pouvoir sur l’exécutif ;

– l’auto-organisation sociale, créant ses propres structures, afin de conquérir un pouvoir d’agir sur les lieux de travail et de vie, remettant radicalement en cause le système hiérarchique dominant.

Dès la 1ère Internationale, Marx plaidait pour « une économie politique des travailleurs ». Toutes les grandes luttes populaires depuis 1848 tendent à construire des institutions exprimant la capacité politique des salarié-es (dans leur grande diversité). C’est pourquoi la nécessité d’un « parlement social » se fraie une voie, même par des formes inachevées.

On peut citer les conseils ouvriers, les expériences d’autogestion ouvrière (dont les plus abouties cherchent à se fédérer, comme les Rencontres internationales de l’économie des travailleurs), ou même la gestion de la Sécurité sociale par des représentants élus jusqu’en 1983. Qu’on imagine une reprise de la Sécurité sociale par les syndicats et associations d’ayant-droits : ce serait un contre-pouvoir social et politique d’une très grande puissance, une sorte « parlement-bis », et une capacité des travailleurs à construire une « valeur » économique socialisée alternative à celle du capital. 

Bien entendu, les syndicats devraient avoir un rôle bien plus large que la défense des intérêts immédiats. C’est la « double besogne » dont parle la Charte d’Amiens, mais que les syndicats ont du mal à concrétiser. Les réflexions sur la Sécurité sociale professionnelle, la critique du travail néolibéral, les SCOP, etc., vont dans ce sens.

Une telle démarche vise à faire des pas en avant, issus de l’expérience populaire, pour montrer que les luttes sociales et les institutions qu’elles forgent sont porteuses d’un imaginaire politique global. Il y a une nécessité que le social produise des institutions, sinon on laisse à la bourgeoisie le monopole de l’intérêt général. C’est parce que les luttes sociales n’inventent pas suffisamment une capacité d’agir politiquement qu’elles perdent la main trop souvent face au pouvoir (qui lui, fait de la politique en permanence). Bien sûr toutes les institutions sociales sont contradictoires, récupérables, comme le sont les SCOP ou la Sécu. Et elles sont aussi en tension contradictoire et durable avec la démocratie citoyenne. La démocratie ne se résume pas dans une instance unique. Elle est plurielle et en mouvement.

Il n’y a pas de magie anticapitaliste dans une formule unique. Il n’y a que la lutte.

Jean-Claude Mamet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *