Crise économique et sociale rampante

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Indicateurs :

– une croissance nulle : après un trimestre à zéro, c’est 0,2%, mais la consommation des ménages (entre 0,5 et 0,6%) évite pour l’instant la récession (définie par les statistiques = croissance négative ou nulle sur 2 trimestres). Mais la progression de la consommation des ménages est liée à l’augmentation des dépenses énergétiques : jusqu’à quel niveau cette augmentation est supportable dans un contexte d’inflation ?

– une inflation qui repart +2,4% en août contre 0,9% l’an dernier : mais hausse des prix de l’énergie à +13,7% dont tous les effets ne sont pas encore visibles ; si l’on se base sur la pérode inflationniste des années précédentes, il s’agit d’une inflation par les coûts : il faut donc s’attendre aux conséquences de la hausse énergétique sur les autres produits (qui ne pourra être différée longtemps) mais aussi celles de la crise climatique et de la sécheresse sur un dérapage des prix alimentaires.

– l’inflation est inégalitaire. Si le taux est le même pour toutes et tous, les conséquences en termes d’appauvrissement sont plus grandes pour les couches populaires : face à l’augmentation des dépenses contraintes (alimentaires et de logement) vont se développer des privations (par exemple sur la santé). Quelles réactions peut-on attendre ?

– l’emploi salarié recule dans le privé (-0,4%) après 6 trimestres de recul. L’emploi total croît légèrement mais porté par 800 emplois de plus dans le public et par l’emploi non salarié (+0,9%) ce qui permet au gouvernement de masquer la crise de l’emploi. Les faillites d’entreprises annoncées (sans gros plans sociaux médiatiques) laisse penser à une prolongation de cette tendance. Il faut aussi noter qu’une grande partie des emplois créés sont des emplois précaires c’est à dire fragiles.

Nous avons là tous les éléments qui devraient permettre de mettre la question du social au centre du débat public, et pourrait permettre aussi de combattre la droite et le RN soutiens d’une politique de l’offre qui montre son échec.

La coalition droite-RN a compris ce danger qui commence à promouvoir des réponses qui sauvegardent les profits au prix d’une accentuation de la politique de l’offre, d’une fuite en avant dans les propositions qui aggravent la situation de beaucoup.

Pour cela il faut convaincre de la nécessité de “faire des sacrifices ” et de faire des économies tout en se privant des rentrées fiscales.

– instrumentalisation de la dette, une crise intenable qui permet de justifier les baisses de dépenses dans la santé, le travail… et toutes les dépenses sociales et de service public : alors que tout démontre que le transfert des pauvres vers les riches est sans effet sur l’emploi ou la croissance, le bloc des droites s’obstine1.

– une attaque sans précédent sur la protection sociale : franchises, arrêts maladie, retraites… les mesures continuent pour affaiblir la sécu. Mais une étape supplémentaire est franchie avec la mise en cause de la cotisation sociale : c’est la proposition de TVA dite sociale (redistribuer les revenus au profit des cadres supérieurs et des actionnaires, au détriment des plus démunis et des inactifs) mais aussi d’ouverture à la capitalisation.

Face à cela une riposte unitaire s’organise avec des exigences sur les salaires et les services publics. La journée du 29 septembre est certes limitée à la fonction publique mais elle peut créer une dynamique unitaire . La mobilisation unitaire des pompiers peut catalyser les actions. Comme le propose Sophie Binet “« Nous allons saturer le débat avec les questions sociales ». Voir aussi François Hommeril CGC qui ne nous avait pas habitué à un langage aussi raide. 2

Les organisations syndicales engagent la bataille du budget, Sophie Binet et Marylise Léon veulent poser la question de la participation des riches aux charges communes. Ce débat pourrait se renfroce (voir la violence des propos de Martin du MEDEF contre Zucman qui traduisent l’inquiétude). Nous devons insister sur des inégalités qui sont largement perçues comme inacceptables. Le référendum californien sur la taxation à 5% des milliardaires peut aussi activer ce débat si nous le popularisons.

J’ajoute qu’une telle campagne aurait sa place dans la lutte contre le RN en exacerbant les contradictions avec les autres droites et au sein même du RN.

Etienne Adam

1 https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/070926/la-crise-de-la-dette-un-recit-conservateur-visee-repressive

2 Dans le moment Orwellien que nous vivons, une expression fait florès depuis la rentrée et mérite que l’on s’y arrête. Il faudrait, selon le clergé qui hante les plateaux télé et nous assomme de ses sermons, « rapprocher le brut du net » pour (soi-disant) améliorer le pouvoir d’achat. Voici quelques éléments de dé-construction: 1/ D’abord, les salariés et leurs représentants n’ont rien demandé. C’est louche… 2/ Le salaire brut c’est du salaire et les cotisations du salaire différé qui assure un revenu (ou une part de revenu) en cas de maladie ou de vieillesse (principalement). Supprimer ces cotisations ne crée pas de revenu supplémentaire. La dépense demeure, il faudra l’honorer ailleurs, plus ou moins mutualisée. Zéro impact sur le pouvoir d’achat. Soit les promoteurs de cette arnaque nous prennent pour des buses, soit ils en sont eux-mêmes, soit les deux. J’hésite… 3/ ce niveau de cotisation (entre 20 et 23%), n’a quasiment pas varié depuis 35 ans. Pourquoi tout d’un coup surgit cette idée de génie de le réduire ? On t’a vu Johnny… 4/ Chacun qui a déjà négocié les salaires en entreprise sait ce qui, fatalement, va se passer l’année qui suivra la mise en place de cette mesure. La négociation commencera par un laïus de la direction nous expliquant que comme nos salaires nets ont déjà augmentés et que la conjoncture est difficile, tout le monde aura la bulle. Air connu… Plein d’autres éléments me viennent mais l’édifice de cette proposition suspecte est déjà à terre, pas la peine d’en rajouter. Alors, que les zozos qui prétendent à gouverner la France se le tiennent pour dit: « Nous, les salariés de ce pays, nous sommes attachés à nos cotisations car elles sont le prix de notre assurance collective et nous ne sommes pas aussi cons que vous l’imaginez pour croire que ce que vous prétendez nous faire gagner d’un côté, nous n’allons pas le payer le double d’un autre côté » Et si tous nos dirigeants présents ou futurs, réels ou supposés, veulent vraiment améliorer le pouvoir d’achat, tout d’un coup une idée me vient: augmenter les salaires. Bon week-end à tout le monde. CFE-CGC

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