Notes d'actu.

Notre récit d’un monde en mouvement.

Des travailleurs et travailleuses en lutte contre l’esclavage

Victoire pour les coiffeuses et barbiers du 65 Bd de Strasbourg à Paris

Le 19 mai, près 78 jours de grève et d’occupation de leurs locaux de travail, les grévistes ont obtenu la délivrance de titres de séjour en tant que « victimes potentielles de traite des êtres humains ». Avec l’Union départementale CGT de Paris qui les a soutenus depuis le début, les 13 grévistes ont décidé de mettre un terme au mouvement.

L’UD CGT explique : « pendant toute la durée du conflit, les patrons se sont cachés. Aujourd’hui, l’entreprise est en cours de liquidation. Les prochaines étapes du conflit, pour récupérer les sommes dues aux salarié·es et faire condamner les patrons pour traite des êtres humains auront donc lieu devant les tribunaux.

La grève, l’occupation, l’obtention de titres de séjour ne viennent pas de rien. C’est un travail syndical interprofessionnel de proximité pendant tout le mouvement, mais aussi avant, pour le préparer. Le mouvement a créé sa propre dynamique et permis aux grévistes de décider de leur grève, du début à la fin. La présence syndicale quotidienne a aussi permis de découvrir de nombreuses autres affaires de surexploitation de travailleuses et travailleurs sans papiers, y compris d’autres cas de « traite des êtres humains ».

Majoritairement des femmes, des personnes « racisées », des travailleurs et travailleuses jusque-là maintenu‧es dans la précarité, l’intersectionnalité en actes, pas seulement en paroles : ça s’appelle du syndicalisme !

Les Chronopost toujours en lutte !

En décembre 2021, 18 travailleurs sans-papiers de Chronopost ont installé un piquet de grève devant l’agence d’Alfortville (94), pour défendre leurs droits et leur régularisation. Chronopost est une filiale du Groupe La Poste, dont l’État actionnaire est le véritable propriétaire. Elle sous-traite ses chantiers à des entreprises qui ont recours à des boites d’intérim pour recruter des sans-papiers.

Cette grève a pris le relais d’une précédente, en 2019/2020, qui avait permis la régularisation de 73 travailleurs sans-papiers. Les grévistes ont été rejoints et soutenus dans leur combat par des dizaines d’autres travailleurs sans-papiers.

En juin 2023, 32 dossiers de demande de carte de séjour d’occupants du piquet, dont les 18 Chronopost, ont enfin pu être déposés en préfecture. 15 travailleurs ont été régularisés, dont 4 Chronopost. Le 31 octobre 2024, la préfecture faisait évacuer le piquet de grève par une intervention massive et musclée des forces de police. En février 2025, reniant ses engagements, elle refusait la régularisation des 17 en suspens et délivrait des OQTF.

Ces travailleurs sans-papiers sont toujours en lutte, soutenus par le Collectif des travailleurs sans-papiers de Vitry-sur-Seine, l’Union départementale Solidaires Val-de-Marne et la fédération SUD PTT. Depuis plus de quatre ans, deux ou trois par semaine, ils manifestent, ils participent aux actions d’autres collectifs de sans-papiers, ils sont présents dans les mobilisations interprofessionnelles, … ils luttent !

Christian Mahieux

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