Les puissantes vagues féministes internationales des années 2000 ont libéré la parole et fait progresser les droits des femmes. Depuis on observe une contre-offensive globale contre ce mouvement.
Trump supprime des programmes d’études universitaires sur les femmes et le genre au nom de la « Défense des femmes contre l’extrémisme idéologique lié au genre et le rétablissement la réalité biologique du sexe ». Il supprime le financement des programmes de l’OMS de soutien à la santé et aux droits des femmes. Partout dans le monde on assiste à des discours hostiles aux droits des femmes et à une réduction des protections juridiques et des droits.
L’offensive des masculinistes et de l’extrême droite ne doit pas être prise à la légère. Elle montre que rien n’est jamais acquis et que les forces réactionnaires sont toujours là. Elles craignent la portée du mouvement féministe car il ouvre la possibilité que toutes et tous luttent contre toute domination.
Est-ce un signe de force ? Le bateau prend l’eau de toute part. La parution des documents liés à l’affaire Epstein et la révélation des compromissions de très nombreuses personnalités en est le révélateur.
Les « sales connes » ont libéré la parole. De Judith Godrèche à Gisèle Pélicot, les femmes n’ont pas fini de parler. En refusant le huis clôt, Gisèle Pélicot a fait de son procès une lutte féministe. Cet acte courageux d’une femme ordinaire a été possible notamment grâce au soutien de toutes celles qui ont agi contre les violences sexuelles, et qui ont fait la vague Me Too. Prendre part à cette lutte c’était permettre à d’autres de le faire pour que la honte change de camp et que s’arrêtent ces violences.
Ce mouvement d’émancipation ne s’arrête pas à la domination patriarcale, pilier du système capitaliste qui a besoin du travail gratuit des femmes pour assurer sa pérennité. D’où le mot d’ordre de grève féministe du 8 mars 2026, grève du travail salarié, grève du travail domestique, grève de la consommation.
Les assauts contre les droits des femmes participent d’un projet plus large contre la démocratie. Face à la progression de l’extrême droite, en France comme ailleurs, la mobilisation féministe est aussi une mobilisation antifasciste.
Avec nos sœurs du monde entier de Palestine, d’Ukraine, d’Iran, du Soudan, du Rojava, d’Afghanistan, du Chili, du Groenland… continuons à faire du 8 mars une journée de luttes puissantes et porteuses d’espoir.
Sylvie Larue, Josiane Zarka


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