Depuis 2018 les outils de numérisation sont utilisés pour réduire la part du PIB consacrée aux services publics. On n’est pas dans un objectif de modernisation, mais dans une vision budgétaire de réduction des moyens humains.
Dans une première phase, l’IA devait augmenter la cadence de travail, remplacer une partie de nos métiers tout en diminuant les moyens humains. Aujourd’hui on va entraîner pendant plusieurs mois l’IA générative qui fera elle-même les réponses aux chômeurs à la place de l’agent. On est dans une destruction de nos capacités humaines à jouer un rôle social.
Seule la CGT au sein de France travail s’est positionné pour dire non à l’IA générative. Les collègues sont dans une telle souffrance que pour le moment c’est compliqué. A chaque fois qu’un algorithme arrive, des mesures archaïques d’organisation du travail se mettent en œuvre et on ne peut plus faire notre travail de bout en bout ; il y a une énorme perte de sens. C’est un processus de découpage de nos activités bout par bout et maintenant on fait ce qu’on appelle des micro-tâches à la chaîne. On vit en fait une industrialisation de nos métiers ; ce qui fait qu’on a très peu de capacité psychique de se mobiliser. Il y a un travail syndical mais le travail syndical doit aussi passer par une prise de conscience des collègues pour pouvoir dire non à l’IA générative. Il faut absolument une prise de conscience globale pour voir comment on peut dire non au déploiement de chat GPT dans l’ensemble des services publics et de la protection sociale.
Sandrine Larizza,
France travail (CGT)



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