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SNCF : de quoi sa modernisation est-elle le nom ?

Il faut moderniser ! Leitmotiv entendu par des générations d’agents des services publics. Cela cache souvent une volonté politique de casser ce qui reste de services publics, restreindre les droits de celles et ceux grâce à qui ils fonctionnent encore, sans se soucier des intérêts des usager⸳es.

Toute modernisation n’est pas à rejeter, rappelle l’auteur. Au contraire, dans le cas des chemins de fer en France, celle du réseau est indispensable et urgente. Cela fait de nombreuses années que les organisations syndicales alertent sur cette nécessité.

La « modernisation » a servi de prétexte à des attaques contre tout ce que devrait être une entreprise publique, un bien commun : filialisation et sous-traitance, transformation en sociétés anonymes, suppression du statut des cheminot⸳es, management à coup d’injonctions contradictoires, individualisant et qui priorise le marketing au détriment de la technique, du savoir-faire, des collectifs de travail…

La SNCF ainsi « modernisée » est-elle plus utile ? Bien sûr que non. L’auteur propose de « créer les conditions d’une mobilisation des cheminot⸳es analogue à celle vécue à la Libération, quand ils ont dû retrousser les manches pour contribuer à la reconstruction du pays. Le déclic aujourd’hui peut être l’urgence climatique. » L’auteur nous fait bénéficier de ses connaissances pour expliquer de manière fort compréhensible ce que cela signifie pour un réseau qui ne doit pas être dissocié de l’exploitation de celui-ci. Et il conclut en développant fort judicieusement une évidence si souvent tue : personne n’est mieux placer que les cheminot⸳es et les usager⸳es pour dire quels sont les besoins et comment les satisfaire !

Christian Mahieux

SNCF : de quoi sa modernisation est-elle le nom ? Pierre-Denis Coux, Editions Syllepse, octobre 2025, 250 p., 20 euros 

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