La verrerie de la Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) proposait à tou·te·s celleux prêts – et en capacité – de mettre au moins 100 euros pour « investir dans des parts participatives avec un rendement incitatif »,.
Le résultat dépasse tous les espoirs. Lancée le 3 novembre, cette levée de fonds n’a mis que quelques heures à rassembler les 5 millions € nécessaires pour développer la production, stabiliser le modèle économique et répondre à un nouveau partenariat. 7000 personnes ont pu participer ; des milliers d’autres resteront « frustrés ».
Le premier enseignement qu’on peut en tirer c’est que si la bourgeoisie française continue de brader son industrie, il est dans ce pays des citoyen·ne·s prêts à s’engager.
Déjà la hausse des ventes avait indiqué la capacité du modèle coopératif à mobiliser. Après d’autres « expériences » (Fralib, la Belle Aude, …).
Pas de recette miracle ! La coopérative est l’outil qui , justement, favorise la mobilisation, des salarié·e·s, de la clientèle, des partenaires. Elle donne un cadre à une auto-organisation qui peut dès lors remettre en cause le modèle productif, inventer une démocratie interne, renouveler les rapports à la clientèle, au territoire, à l’économie proche.
Tout reste à faire d’une certaine façon.
Retenons aussi que quand l’État hésite, , quand les autorités politiques ou syndicales se font discrètes, les citoyens agissent.
La Confédération Générale des SCOP déclare elle-même que « La reprise en Scop est une voie d’avenir pour préserver les emplois, les savoir-faire et la souveraineté industrielle, mais elle doit être accompagnée financièrement. Le succès de Duralex doit être un signal fort : les salariés peuvent sauver leurs entreprises, à condition qu’on leur en donne les moyens. »
Elle propose de :
- ✅ Mettre en place un fonds dédié à la reprise d’entreprise par les salariés, qui inclut la reprise d’entreprises en difficulté,
- ✅ Garantir les emprunts contractés par les salariés lors des reprises d’entreprises en difficulté,
- ✅ Garantir les emprunts contractés par les salariés lors des reprises d’entreprises en difficulté,
Ajoutons que l’autonomie même du mouvement coopératif (et plus largement des économies alternatives et entreprise de l’économie sociale et solidaire) est une condition pour ne pas rester dépendant du capitalisme et de ses groupes. Travailler, produire, vivre autrement suppose aussi la plus large indépendance financière et juridique.
Il n’y a pas de demi-mesure qui tienne la durée !
Patrick Vassallo


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