Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

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Un sentiment d’enlisement est largement partagé. On a beau s’agiter et rien ne va plus. Mais la crise de système que nous connaissons est-elle le fait seulement de la droite ?

Les partis de gauche et les syndicats sont interpellés. Les partis : tant qu’ils sont enfermés dans l’espace institutionnel, ils sont eux-mêmes confrontés à leur impuissance. 4 fois au pouvoir et 4 fois échec lamentable. Les gens s’en souviennent. Et même hors du gouvernement la gauche institutionnelle s’épuise en étant enfermée dans des règles du jeu où les dés sont grandement pipés. Et ce faisant elle épuise les mouvements sociaux en les plaçant devant une succession de déceptions. Les syndicats aussi sont interpellés : tant qu’ils restent dans la protestation et l’attente d’une autre politique de la part de l’État, ils soumettent de fait les mouvements à une volonté qui leur échappe. Le pouvoir – politiques et affairistes- font le dos rond pour laisser passer l’orage. Et pourtant ils savent que la majorité des gens ont conscience que la vie qui leur est faîte résulte d’une injustice éhontée. Mais ils se réfugient derrière l’absence d’alternative crédible et tentent d’affaiblir les colères par des effets d’annonce.

Tant que le capitalisme avait besoin de main d’œuvre qualifiée il était prêt à lâcher du lest en matière de santé, d’éducation, d’habitat. Mais aujourd’hui ne pas voir que le moindre compromis lui coûte et qu’il se réfugie dans la spéculation, l’exploitation de peuples et d’enfants moins armés pour se défendre et le pillage des fonds publics avec la participation de l’État, c’est retarder d’une guerre.

Que faire alors ? Accepter d’oser tourner la page et agir avec son temps. Et si les uns et les autres interrogeaient ce qu’ils n’ont jamais fait ? Et si démocratie signifiait intervention du peuple dans les décisions, donc d’abord dans l’élaboration des solutions ?

Ne faut-il pas s’interroger sur la validité d’une conception de la politique qui a été autrefois conçu pour éviter les révolutions ?

Bien sûr cela voudrait dire que les structures politiques et syndicales ne reposent plus sur une délégation de confiance et un rôle de guide du peuple. Mais n’y a -t-il que ce rôle à jouer ? Mais quelle est cette conception où les uns dirigent et la grande masse est dirigée ? La foule est-elle incapable de réfléchir et de s’organiser ? Et les Gilets Jaunes qui se sont organisés deux ans durant ? Qu’est-ce qui a manqué ? Qu’on les encadre ou que l’on encourage à bâtir des solutions ? Le référendum d’initiative citoyenne est-ce un parti ou la foule qui l’a sorti de son chapeau ? Qu’est-ce qui peut relancer le mouvement sur la réforme des retraites dès lors qu’une immense majorité du peuple ne veut pas de celle-ci ?

Alors maintenant ? Faire politique ne serait-ce pas d’organiser comment les « simples » citoyen/nes peuvent se regrouper dans des points de rencontres pas pour suivre les organisateurs mais plutôt pour bénéficier des informations qui déterminent comment construire les solutions ? N’est-ce pas plutôt cela qu’ils-elles attendent plutôt qu’on leur demande d’avoir le nez en l’air pour savoir ce qui ne se passe pas en haut ? Et si le rôle des organisations c’était d’aider à ce que les « simples » gens deviennent force de pouvoir ? Ne serait-ce pas là ce qui manque pour faire bouger le rapport de forces ?  Il est temps d’inventer de nouvelles pratiques qui font du peuple la force qui élabore les solutions et le font respecter. N’est-ce pas là un rôle nouveau pour les organisations : prendre les initiatives qui favorisent l’auto-organisation du peuple.

Le comité de rédaction de Cerises

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