Toujours les mêmes qui payent. Supprimer 2 jours fériés et préparer un budget punitif pour celles et ceux qui ont besoin des services publics, qui ne vivent que de leur travail, de leur salaire ou des aides sociales, et qui font tourner le pays, c’est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Rappelons-nous : l’étincelle pour le mouvement des Gilets Jaunes c’était l’augmentation des carburants via l’augmentation de la taxe sur les produits pétroliers. Et comme toutes les taxes, celle-ci touchait indifféremment pauvres et riches.
En annonçant engager la responsabilité de son gouvernement, Bayrou tente de désamorcer ce mouvement social qui grandit depuis plusieurs semaines autour de l’appel « Le 10 septembre Bloquons tout ». Une fois le gouvernement tombé, il s’agira de focaliser l’attention sur les manœuvres politiciennes qui vont suivre. Mais le mouvement né au cœur de l’été, se construit progressivement et s’ancre localement : assemblées, boucles organisées dans la plupart des départements et dans de nombreuses communes.
Comme la pétition contre la loi Duplomb, qui a recueilli plus de 2 millions de signatures et permit de modifier au moins partiellement le contenu de la loi, l’initiative est venue de groupes citoyens. « Être acteur du changement. Rassembler autour d’un projet, pas autour d’un homme charismatique » (site Les Essentiels). La volonté de faire du peuple le sujet politique central s’affiche. Sur le site Indignions-nous, l’appel à construire les cahiers de doléances pour réparer le « vol démocratique » de ceux des Gilets jaunes confirme cette exigence de démocratie directe.
Défiance à l’égard des organisations syndicales et encore plus à l’égard des partis politiques, toute tentative d’instrumentalisation est dénoncée. Le mouvement n’est ni homogène, ni chimiquement pur ( revendications typiques de la droite souverainiste sur le site Les Essentiels : Frexit, etc..) mais déjà l’intervention citoyenne a permis de débarquer l’extrême droite et oblige le RN à renoncer à ses tentatives de récupération.
Une vidéo dénonce « les puissants, ceux qui profitent, ceux qui possèdent, ceux qui divisent, ceux qui décident sans nous » (site Indignions nous) et la solution c’est faire payer les plus riches : le caractère de classe est assumé.
Ne pas se laisser dessaisir de son pouvoir d’agir nécessite de poursuivre cette construction par en bas. La grève générale ne se décrétera pas au sommet des organisations syndicales et encore moins au sommet des partis politiques. Que chacun, chacune prenne ses responsabilités et devienne acteur/actrice du mouvement. Que chaque organisation se mette au service du mouvement qui se construit. En aidant à définir les moyens de parvenir aux revendications construites en commun : toucher au grisbi des dividendes par exemple.
L’engagement de Solidaires, et la déclaration du CCN de la CGT vont dans le bon sens. Le mouvement des Gilets jaunes est passé par là.
Sylvie Larue


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