A propos de la notion de récit

La notion de récit est un besoin humain. Elle correspond au besoin de partager, de participation pour être un être social :  à savoir un sens commun à partager.

Les  traits communs à tous les récits que nous avons connus sont : avoir un passé commun ; définir ce qu’on est aujourd’hui, voire un idéal ; et un mouvement vers un devenir. N’est-ce pas ce qui nous lie à nos parents et nous fait faire des enfants ?

On trouve ces caractéristiques dans la religion, la République, la nation avec son ambiguïté…

Or ce qui caractérise notre époque est la faillite de tous les récits du XXème siècle : le communisme, le socialisme type Suède, le Gaullisme qui a joué ce rôle et même le règne du positivisme adepte acritique du progrès technologique.  Ces récits avaient pour point commun, même quand ils s’opposaient, d’être construits par d’autres que soi et auquel il fallait adhérer. Le 21ème siècle nous voit sans récit alors que ce dernier et donc en manque d’être ; d’où le désarroi et la déprime collective. Le RN tente de combler ce vide en présentant un récit à celles et ceux qui sont en manque.

Alors, on peut se demander si, avec les lycéens et le mouvement social en cours, nous ne serions pas en train d’assister à une construction nouvelle, non définie par des appareils mais cette fois élaborée par les acteur·es-mêmes, à partir de thèmes comme : refus du système ; sortir de la France contemporaine, prendre l’argent là où il est… et des modes d’action qui, à l’image des Gilets Jaunes, ne sont pas guidés par des appareils… En France mais aussi en Serbie, en Albanie, en Espagne, en Belgique, pour partie en Israel…Ne sommes-nous pas devant un nouveau récit qui s’écrit ?

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