Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

Collectif en chair et en os

danke, thanks, grazie, merci

On entend souvent que la traduction automatique nous fait gagner du temps parce qu’elle nous livre un premier jet de notre traduction ; c’est complètement faux. Pour nous traducteur, le premier jet est une étape indispensable. C’est le moment où on rentre dans le texte et on en prend connaissance. On ne traduit pas juste des suites de mots, on traduit du langage et cette compréhension du contexte et des intentions derrière un texte est essentiel et influence les choix de traduction. Le problème c’est que notre premier réflexe c’est d’accepter le texte de la machine parce qu’il fait autorité ; ça demande vraiment un effort supplémentaire de se dégager de ce texte parasite qui vient faire écran et nous empêcher de vraiment avoir accès au texte source. Au final, on est dépossédé du sens de notre travail, de nos savoir-faire qui sont pillés pour nourrir des machines ; on est dépossédé de nos choix de traduction et de notre responsabilité face à nos textes.

D’autre part, Il y a un pillage de notre travail et de nos créations qui sont transformées en données pour entraîner les systèmes d’IA génératifs. Les pouvoirs publics proposent une compensation financière aux auteurs pour l’utilisation de leurs œuvres. Ce système est dérisoire par rapport au préjudice qui nous est causé et ce qu’on veut, c’est pouvoir s’y opposer efficacement. Chacun a une responsabilité collective y compris les pouvoirs publics auxquels on demande une obligation de signaler quand un produit culturel a été généré par I’IA et qu’aucune aide publique ne soit attribuée à des productions assistées par IA. 

Pauline Tardieu-Colinet,
Traductrice

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Horizons d'émancipation

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