Horizons d'émancipations.

Une série de dossiers. pour mieux (se) comprendre.

Rejoignons-nous

Le projet de Rejoignons-nous – construire une nouvelle organisation politique révolutionnaire, démocratique et pluraliste – part notamment du diagnostic qu’il y a des potentialités politiques inédites au sein de la nouvelle génération de mouvements sociaux, qui ne se retrouvent pas dans les partis politiques de la gauche radicale et anticapitaliste existants. Une nouvelle culture militante s’est construite ces dernières années dans la diversité des mouvements antiracistes des quartiers populaires et de l’immigration (FUIQP, Comité Adama…), des groupes antifascistes (Action Antifasciste Paris Banlieue, Jeune Garde antifasciste…), des nouvelles organisations féministes (Nous toutes, la Coordination féministe…), écologistes (Extinction Rebellion, Les soulèvements de la terre…) et de la jeunesse (Youth for Climate, coordinations lycéennes…), des gilets jaunes et des collectifs habitants. Ils et elles mettent en œuvre de nouvelles manières de se mobiliser, de faire grève, d’établir des transversalités entre les luttes et de porter haute l’exigence de l’auto-organisation, et portent de nouveaux imaginaires et des références et propositions d’alternatives qui restent pour l’essentiel étrangères aux forces politiques actuelles. 

Bien sûr, des rencontres entre mouvements sociaux et partis politiques se font, ici et là, autour de piquets de grève, d’appels, initiatives unitaires et manifestations (comme l’importante Marche des solidarités du 18 décembre), d’actions de désobéissance comme récemment autour des mégabassines de Sainte-Soline. Et il faut dire que les grandes centrales syndicales tardent elles aussi à prendre la mesure des urgences écologiques, féministes et antiracistes, et sont traversées par des mouvements contraires : le syndicalisme délégataire, centré sur les institutions représentatives du personnel, reste dominant, même si se développe à nouveau un syndicalisme de lutte fondé sur l’enquête militante au sujet des conditions et des conséquences du travail. Mais il faut reconnaître aussi que c’est surtout au sein des partis politiques que la conception délégataire, électoraliste et élitiste du militantisme a la peau dure. Le Parti de Gauche puis la France Insoumise /Union Populaire se sont construits en promettant de grands renouvellements tout en reconduisant, plus ou moins ouvertement, une conception très autoritaire de la politique. C’est ce qu’ont montré encore les dernières élections présidentielles et législatives, avec la mise à l’écart des militant·e·s des décisions stratégiques majeures, et l’éviction de la plupart des candidatures de militant·e·s de terrain racisé·e·s. Au-delà, aucune force politique de gauche n’a construit les relations de confiance et d’égalité dans les quartiers populaires sans lesquelles aucun rapport de force pour la justice et la démocratie, pour atténuer les catastrophes écologiques et barrer la route à la menace fasciste, n’est possible.

C’est la raison pour laquelle c’est le moment, selon nous, de construire une organisation politique nouvelle – beaucoup plus démocratique, pluraliste et populaire que l’existant. Pour cela, il importe que celles et ceux qui – comme moi – avons été formé·e·s dans des cadres militants qui doivent être dépassés, acceptions d’élargir le « nous » de la construction politique, avec le regard dirigé vers les horizons révolutionnaires, mais aussi coude-à-coude avec les premier·e·s concerné·e·s par l’exploitation et l’injustice, ensemble pour toutes les égalités.

Alexis Cukier

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