Nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire : la Primaire populaire avait comme principal défaut de se situer dans la compétition présidentielle, en s’inscrivant pleinement dans la logique du système qui veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes, plus exactement une course au trône pour la démocratie. C’est une divergence de fond avec celles et ceux qui pensent que la priorité politique est ailleurs : dans la construction de mouvements sociaux, d’alternatives, de luttes collectives… Toujours est-il que, de cette Primaire populaire est sortie première Christiane Taubira, ancienne ministre des gouvernements Ayrault et Valls.

Dès le résultat connu, une partie de celles et ceux qui nous avaient vanté l’excellence et le caractère novateur du processus en revenaient à des pratiques bien anciennes : Christiane Taubira avait gagné mais ils et elles ne la soutiendraient pas. On vit même une des candidates volontaires de la Primaire expliquer que la candidature de C. Taubira était nocive car cela faisait une candidature de plus à gauche … oubliant sans doute que si elle-même avait gagné, la situation aurait été similaire ! Sinon, il eut fallu limiter la Primaire populaire aux candidatures déjà proclamées en amont, c’est-à-dire à celles et ceux qui ne voulaient pas de ce processus.

Mais le point zéro n’était pas atteint : à peine C. Taubira avait-elle jeté l’éponge, qu’au nom des 392 000 participantes et participants au vote du 30 janvier, absolument pas consulté∙es, 30 personnes décidaient que la Primaire populaire soutenait dorénavant un autre candidat. Celui arrivé en second position, Yannick Jadot ? Non, un autre, Jean-Luc Mélenchon en l’occurrence. Six jours plus tard, les mêmes s’excusaient pour la manière un peu abrupte de l’annonce des décisions, tout en la confirmant.

Étrange conception de « la politique autrement » que tout cela, non ?

Christian Mahieux

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