Notes d'actualité

Présidentielles, le boycott ?

Après leur première conférence de presse, les militants du boycott s’activent à l’installer dans le paysage politique. Pas facile. Si la notion même de boycott exaspère les militants des nombreux candidats de la gauche, elle irrite tout autant ceux qui, souvent les mêmes, s’investissent pour  la primaire populaire. Le boycott ne fait non plus pas consensus à la rédaction de Cerises, qui recevait néanmoins ces jours-ci un premier tract venu d’un des premiers comités qui affirme que le boycott actif et constituant, ouvre la voie d’un régime politique démocratique reposant sur la souveraineté du peuple.
Le boycott n’entend pas rester à la simple collecte de signatures. Ses partisans sont invités à se constituer en comité, groupes locaux expliquant la démarche, invitant à prendre part à la campagne. Ce tract affirme : « Pour des millions de gens, ces présidentielles sont au mieux les présidentielles de l’indifférence, au pire celles du désespoir ». Et les militants de citer : Gilets jaunes, grèves et bataille pour les retraites, les salaires, la santé publique et son hôpital public, contre le pass sanitaire, contre les féminicides, contre le racisme, pour reconstruire l’école publique, et d’évoquer aussi les batailles  de la vie, de la dignité en Guadeloupe Martinique Polynésie… Rien de tout cela n’est du ressort de la présidence d’un homme, tout dépend de l’engagement populaire.

Et puis comme un souffle prometteur, la poésie se mêle de politique. Qui voit Cerises recevoir cette invitation à citer le poème « Regarde » de Jean-Jacques Coltice, en entier sur le site de cerises, qui s’achève ainsi :

«Regarde comme je t’aime et souffle sur les braises.

Les beaux jours reviennent.

Le désir tonne dans le ventre des luttes.»

Regarde

Il faut que les beaux jours reviennent.
Le pavé est trop las.
Les lumières sont pâles.
Il nous faut un quartier de soleil pour la route,
Un brin dans l’œil,
Des éclats dans le corps.

Les beaux jours reviennent, regarde.
À peine adolescentes, les filles écartent la nuit dans leur danse.
Les garçons sautent les enclos pour embrasser l’étoile.

Ils apprennent à lire ensemble,
Mettent le feu au bois des langues,
Reforment les bûches pour faire parler les mots,
Barbouillent sur l’écran d’éblouissants clichés
Pour que surgissent sous le fard
L’insolite et le quotidien.

Regarde comme je t’aime et souffle sur les braises.
Les beaux jours reviennent.
Le désir tonne dans le ventre des luttes.

Jean-Jacques Coltice, « Regarde »
Échos du cœur et des combats, L’Harmattan, 2009

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