Notes d'actualité

Mondialisation de l’antiracisme et contradictions au sein du peuple

 

L’assassinat de Georges Flyod a suscité une mobilisation massive qui marque une certaine mondialisation de l’antiracisme, aux mots d’ordre unifiés. Les meurtres, d’autres « bavures » policières, ont renforcé ce caractère universel et sa contestation politique.

Le slogan « Black Lives Mater » n’est devenu ni le signe de ralliement des seules communautés noires, ni celui d’une solidarité « copiée-collée ». Ce mouvement, écho aux Gilets Jaunes en France, s’enracine par le sentiment d’être méprisé par les classes dirigeantes et le rejet d’un système qui produit exclusions, assassinats. Il mobilise la jeunesse.

Le post-colonialisme de l’occident traîne son racisme idéologisé (les « bienfaits de la colonisation »), la compromission des bourgeoisies locales, ses déséquilibres aggravés par la mondialisation du capitalisme que murs et replis nationaux exacerbent.

Migrations et nouvelles générations font mieux accepter son voisin ou collègue « métèque », une mutation des regards favorisée par la « racialisation de la question sociale ». Bien des jeunes des quartiers populaires se sont vus aussi maltraités que les Gilets Jaunes, et que leurs cousins de l’autre côté de l’autre rive. Une partie de la jeunesse tend, elle, vers l’extrême-droite.

S’y ajoute une négrophobie dont les USA n’ont pas le monopole. Peur et haine du Noir font un retour en force et se cumulent en France aux séquelles idéologiques de la guerre d’Algérie. Partout le cancer du racisme attise des divisions au sein des peuples, tant au plan territorial que dans le monde du travail.

L’affaiblissement des droits sociaux (selon l’OIT et le BIT)[1] exacerbe des tensions racistes et « sanctuarise » des inégalités selon la couleur de la peau ou l’origine nationale. Cette mondialisation met en exergue le racisme, moins comme moteur d’une systémique d’organisation, que comme élément de fonctionnement et « d’autorité ». La Police n’a pas pour objectif de faire des bavures, mais les bavures font partie des risques assumés du maintien du désordre.  

Le déni du systémisme raciste ne fait qu’accroître la révolte et un certain universalisme de la revendication du Respect et de l’Égalité.

 2/3 des émeutes sur la planète ont pour cause une exaction raciste[2]. Ancré dans les désordres du monde, entre marchandisation « sauvage », mises en concurrence et relégations voici un terreau durable. Un levier pour que le respect et la reconnaissance de chaque être humain soient aussi la redistribution pour tous et toutes.

Patrick Vassallo


[1]               Déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale – 5ème édition (mars 2017)

            Discrimination raciale et ralentissement économique mondial

[2]                                Anthropologie du présent

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