Horizons d'émancipation

Listes citoyennes ?

Cet article fait partie du dossier : que faire des élections? D’autres articles à retrouver sur le site :

Les listes dites   citoyennes,  fleurissent un peu partout pour les prochaines élections municipales, même à droite : réalité ou fiction ? Les politiciens professionnels, avec leurs communicants ont bien compris que l’étiquette d’un parti est lourde à porter par les temps qui courent, même le rassemblement national n’affiche plus la couleur (Alliot à Perpignan…).

Le paradoxe est que cet affichage citoyen s’accompagne d’une présidentialisation sans précédent de la vie locale. On ne désigne pas les listes par leur intitulé mais par le nom de la tête de liste, il en est de même pour les sondages qui façonnent l’opinion et les affiches sont révélatrices de cette personnalisation.

Et, en même temps, cela va avec une dépolitisation de la campagne et,  alors même que dans le pays monte une condamnation globale de la politique de Macron, il sera difficile d’exprimer une condamnation de cette politique dans ce scrutin dont les enjeux ne seraient que locaux. L’offre politique apparaît ainsi brouillée et éclatée ce qui risque de donner des résultats illisibles. C’est d’ailleurs l’objectif du pouvoir mais aussi des politiciens établis et… des partis ? Mais, on ne sait jamais…

Et pourtant, malgré ce brouillage, monte une aspiration des habitants-tes à  participer pleinement à la construction de la vie ensemble et émergent des expérimentations diverses tentant de répondre à ce besoin. Il sera intéressant d’analyser ces expérimentations, voir s’il s’agit d’initiatives durables ou ponctuelles, le temps d’une élection en attendant la prochaine,  les citoyens sont-ils pleinement à l’initiative où dans quelle mesure seulement appelés à suivre des candidats puis des élus, ouvrent-t- elles une véritable perspective politique de dépassement des enjeux locaux car être citoyen ne peut se limiter au simple utilitarisme.

Car l’enjeu est bien l’appropriation du commun par les citoyens en inventant des institutions publiques  qui rendent possible la participation et la cogestion d’une communauté élargies  (assemblées d’habitants, de quartiers…). Certaines de ces expérimentations contribueront-elle à ouvrir la voie pour que, comme  le suggère Murray Bookchin à propos du communalisme libertaire, la commune devienne   « la cellule vivante qui forme l’unité de base de la vie politique et de laquelle provient : la citoyenneté, l’interdépendance, la confédération et la liberté. » 

Alain Lacombe

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