Esprit de suite

Et le modèle allemand ?

Le modèle allemand est souvent vanté à l’occasion de nouvelles mesures gouvernementales. Pas cette fois-ci. Comment expliquer une telle discrétion ?

En Allemagne, où la retraite à point existe dans le privé depuis 50 ans, la pauvreté des retraités a explosé. En 2018, selon Eurostat, 19% des Allemands de plus de 65 ans sont au seuil de pauvreté contre 16% en 2009 et 17,4% dans la zone euro. En moyenne le taux des pensions au regard des salaires est de 48% contre 70% en France (complémentaires incluses). Le nombre de surendettés de plus de 70 ans a augmenté de 45% en 2019. Il pourrait atteindre 22% des seniors d’ici 2030. C’est le refrain sur « l’équilibre financier » qui a permis aux gouvernants allemands d’en arriver là.

En France, le seuil de pauvreté des plus de 65 ans est de 9,6%.  Pourquoi une telle différence ? En Allemagne, la flexibilité du travail, la précarité (16 millions de temps partiel sur 45 millions d’actifs) pèsent sur les points obtenus. Les réformes s’en prenant au code du travail et les mesures préconisant la retraite à points vont de pair. L’indexation de la valeur d’acquisition du point n’offre aucune garantie. Au moment du départ en retraite le montant de la pension varie au gré de la conjoncture économique et est dépendante des placements faits dans des fonds de pensions eux-mêmes soumis aux aléas de la concurrence et de la Bourse. Quand on connaît le caractère altruiste et désintéressé du monde de la finance, on peut supposer que cette affaire doit être juteuse.

En Suède où ce système existe, 92% des femmes et 72% des hommes ont vu le montant de leurs pensions baisser en chiffre absolu.

Enfin, et ce n’est pas le moins intéressant : suite à un mouvement de grande ampleur la Belgique vient de renoncer à un tel projet.

Josiane Zarka

One Reply to “Et le modèle allemand ?

  1. cette analyse doit être tempérée en raison de l’évolution de le situation en Allemagne avec l’avant 1990 et l’après 90. La situation de l’emploi des femmes était très différente: en RFA = sous emploi des femmes et en RDA, au contraire, plein-emploi féminin . Le renversement de cette situation après 90 et le CHOMAGE MASSIF EN ex-RDA doit commencer à peser sur ce qui leur revient(?) comme retraite (Quelle capitalisation depuis 1990 en étant au chômage?) . Situation qui devrait ramener les retraités, surtout ceux (celles) de l’ex-RDA au niveau de l’Allemagne de Weimar à partir des années 2025/30. Je pense que cette situation fait partie intégrante des calculs politiciens de l’OFCE depuis 2000: elle assure la résurrection des nazis à l’EST (relire le « Diplo' » de Novembre sur la situation en Allemagne).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *