Cet ouvrage, affronte d’emblée  « le » Marx du Manifeste communiste de 1848 : « Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares ». Marx colonialiste ? même pas en rêve !

En fait l’ouvrage est construit d’analyse de  nombreux extraits d’inédits de Marx concernant  le colonialisme, les sociétés non-occidentales d’Asie, d’Afrique, mais aussi de Russie et d’Europe de l’Est.

On découvre, à profit, un Marx méconnu, pugnace, riche pour aujourd’hui dans ce qu’il écrit, à propos notamment des États-Unis de la guerre de sécession, de l’esclavage, de son abolition et de la question noire, ou encore de l’Angleterre et des travailleurs irlandais.

Ces écrits de Marx rarement traduits en Français, nous sont utiles pour penser dans un présent islamophobe, post-colonial et féministe du bout des dents, l’intersectionnalité  des notions de classe, de nation, d’État, de race, et de genre.

Catherine Destom-Bottin

Marx aux antipodes, Nations, ethnicité et sociétés non occidentales, de Kevin B.Anderson, Syllepse 2015, 414 pages, 25 euros

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