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Un syndicalisme au cœur du travail

Dans le secteur de l’Éducation, le Snep-FSU développe des pratiques syndicales qui mettent au cœur la question du travail. Enseigner est un métier complexe, un métier qui s’apprend : permettre aux élèves de s’émanciper en s’appropriant les éléments essentiels d’une culture sportive et artistique, les mettre en activité quel que soit le rapport qu’ils et elles entretiennent avec les Pratiques Physiques Sportives et Artistiques nécessite une expertise qui se construit tout au long de la carrière en formation initiale, en formation continue, et à travers l’expérience de tous les jours. C’est faire sans cesse des choix, construire des contenus adaptés, agir en expert dans la pratique en étant capable de reconnaître des conduites typiques d’élèves pour prendre les bonnes décisions et… Et beaucoup, beaucoup d’autres choses encore.

Les « disputes » sur les choix à effectuer sont nombreuses. Quelle doit être la place de la performance en EPS ? Avons-nous besoin d’un programme et d’une certification en EPS ? Quelle est la place des émotions en EPS ? Faut-il des barèmes non mixtes ? Faut-il tester les élèves à chaque rentrée ? Ce sont des exemples de thèmes des soirées de l’EPS choisies par le SNEP-FSU pour proposer des regards croisés et variés sur le monde de l’Éducation Physique et Sportive, et donner des pistes pour faire évoluer les pratiques enseignantes. C’est le cœur du métier.

A la question faut-il des programmes ? Le Snep-FSU affirme que l’absence d’exigences communes accentue les inégalités. Les programmes actuels sont en effet très vagues sur les savoirs attendus et renvoient à des définitions locales. Face à ce vide, le syndicat a construit des programmes alternatifs en associant à leur rédaction de nombreux collègues d’EPS grâce aux stages syndicaux.

Le Snep-FSU a aussi créé le Centre EPS et Société et produit la revue Contrepied diffusée à l’ensemble des syndiqué·es : étude des APS, controverses, compte-rendu de pratiques, bibliographie, la revue est une mine pour les enseignant.e.s que nous sommes. Pour moi, les stages, la revue, les soirées de l’EPS sont devenues quasiment ma seule occasion de formation continue, sachant que ce qui est organisé par l’institution est soit peu accessible, soit hors sol.

Mon syndicat me permet de continuer à être une enseignante conceptrice des contenus à enseigner.

C’est d’ailleurs un enjeu pour toutes et tous dans l’Éducation, rester maître de ses choix pédagogiques et didactiques, en se confrontant au rapport entre liberté pédagogique et visée d’une culture commune. Or aujourd’hui l’Intelligence Artificielle vient bousculer cet équilibre. Le Snes-FSU signataire du Manifeste Hiatus – Résister à l’IA et son monde -, met le doigt sur l’amplification du processus de déqualification et de dépossession vis-à-vis de l’outil de travail et de renforcement du contrôle managérial. Il est urgent de prendre la mesure de l’enjeu et d’intégrer cette nouvelle dimension à nos luttes.

Sylvie Larue, professeur d’EPS

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