Les nouveaux défis de Cerises

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Un résumé des contributions

Dans quelles conditions les citoyens sont-ils en capacité de construire eux- même le budget ?

C’est le défi lancé par Cerises en amont des prochains débats budgétaires.  17 contributions sont arrivées sur le site, qui, je l’espère, vont alimenter les débats de notre table ronde. Je vais tenter de les résumer brièvement :

Bernadette Bouchard remercie Cerises de poser cette problématique : « Quand on dit” budget” on voit des comptables, des “sachants” et nous pauvres petites gens nous nous taisons par peur de “dire des bêtises”. Sur Cerises on ne sera pas jugés puisqu’on ne fera que répondre à une demande citoyenne ».

Pour André Pacco et P Zarka 

 La volonté de contribuer à construire le budget s’exprime en fait constamment comme le montre actuellement les mouvements des pompiers, celui contre les violences sexistes et sexuels et de la fonction publique et hospitalière qui expriment les besoins et propositions des citoyens.

Dans la foulée, des millions d’hommes et de femmes pourraient aller plus loin : « C’est à nous de définir à quoi doit servir notre argent ! Il ne peut pas servir à la fois les actionnaires, la finance et répondre aux besoins du pays ».  

Partis, syndicats, associations sont interpellés pour contribuer davantage à cette expression citoyenne.

P Vassalo, Sandra Demarcq et Linda Sehili (Solidaire finances publiques) font remarquer qu’il ne suffit pas de poser l’exigence de « faire le budget dans la rue » ; Comment faire pour que ça ne reste pas une incantation ?

L’élan de Porto Allègre s’est essoufflé mais reste vivace. Aujourd’hui, environ 450 collectivités locales organisent budgets participatifs. Mais on peine à mobiliser au-delà des cercles militants.

Quelles modalités d’organisation, de débat, d’éducation populaire permettraient aux citoyens de s’emparer massivement de ces questions ?

Cyril Guiborat s’interroge :

« Faire le budget dans la rue » comme le propose Sophie Binet, est-ce ça veut dire créer un rapport de force pour faire entendre nos revendications aux parlementaires ou ça veut dire une véritable élaboration collective ?

D Rome précise : Il ne s’agit pas de demander à chacun de maîtriser les mécanismes de la comptabilité publique. Les citoyens sont capables de définir leurs besoins et les priorités qu’ils souhaitent voir inscrites dans la loi de finances, à condition de disposer d’une information accessible, transparente et contradictoire.

 Pour Youlie Yamamoto (Attac)

Budget pas d’abord une affaire comptable, Ils reflètent des choix politiques. Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, les moyens financiers existent pour satisfaire les besoins des citoyens et du pays mais les gouvernements successifs les ont détournés volontairement de ces objectifs.

Le déficit budgétaire ne vient pas d’un excès de dépenses sociales mais d’une perte de recettes organisée depuis 30 ans au profit des gd entreprises et de la finance. 211 Milliards d’impôts des contribuables sont partis chaque année vers les actionnaires des grosses entreprises sans contreparties. Les intérêts des emprunts ont explosé au profit des marchés financiers.

La même logique est à l’œuvre concernant le budget de la sécu.

C Prudhomme, J Zarka, Jo Sallan et A Lacombe pensent que le pouvoir s’emploie à casser le principe qui fait la force du système actuel : La mutualisation des moyens de tous au service de tous. En autorisant les grandes entreprises à ne plus payer leurs cotisations, ils ont sciemment privé la sécu de 80 MD.

Pour ces intervenants les principaux objectifs sont :

  • Rétablir ce principe de mutualisation et faire contribuer davantage les revenus financiers.
  • Sortir de la gestion de la sécu par l’Etat. Revenir au vote du budget de la sécu par un conseil d’administration de la CNAM élu par les assurés sociaux.

Enfin certains intervenants pensent que même une pratique citoyenne peut se faire piéger par les logiques dominantes et proposent de sortir du cadre imposé pour définir ce qu’est le budget.

Pour Makan Rafadjou : Il faut commencer par la définition des finalités avant de réfléchir aux moyens nécessaires à leur mise en œuvre. Un budget pour quels choix de société ?

P Vassallo : Le budget pourrait être envisagé à partir d’autres façons de produire (de la richesse), de consommer, de satisfaire les besoins, de répartir.

Cyril s’interroge sur d’autres définitions possibles d’un budget : Ce n’est pas juste de l’argent à attribuer. Cela pourrait -être « budget bonheur », « budget temps »…

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Cerises - Les nouveaux défis

Les éléments de la rubrique Les nouveaux défis permettent la construction des dossiers de la rubrique Horizons d’émancipation du journal mensuel.

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