Alors que les États-Unis concentrent presque la moitié du capital financier mondial, le forum de Davos 2026 se proclame instance de gouvernance mondiale. Une gouvernance mondiale non élue, présidée désormais par l’Américain Larry Fink premier gestionnaire d’actif au monde avec BlackRock, présent au capital de milliers d’entreprises. Le nouveau patron du capitalisme occidental fait un diagnostic sans concession : « Le contrat social est rompu pour beaucoup de gens… le capitalisme traverse une profonde crise de légitimité ». Le sentiment que le système ne fonctionne plus pour le citoyen lambda est palpable depuis des années ».
Que les ultra riches se rassurent, leur nouveau grand patron ne remet pas en cause ce qui ne fonctionne plus, au contraire, pour lui, les crises ne sont jamais vues comme des limites du système mais comme la preuve qu’il n’a pas été suffisamment loin ». En fait pour eux ça marche encore, c’est illégitime pour le plus grand nombre mais eux ne se sont jamais autant enrichis. Mais ils sont inquiets pour la suite, les peuples pourraient jouer les empêcheurs de spéculer en rond.
Et leur plan de bataille (le DeFi) parle d’un nouveau monde, il montre combien ils s’en foutent de la légitimité puisque la réponse est qu’il faut conforter et rendre opaque pour le plus grand nombre un système qui s’imposent de lui-même : la souveraineté politique est décrite comme « un coût à réduire ».
Larry Fink décrète l’avènement « d’une nouvelle étape de la démocratie financière » Pour lui presque tout peut être « tokenisé » c’est-à-dire transformé en jetons numériques échangeables en continu. Routes, réseaux électriques, ports hôpitaux etc…sont appelés à devenir des actifs financiers tokenisés intégrés à des portefeuilles globaux.
Le capital devient fongible, non identifiable, sauf pour les initiés, et finalement déresponsabilisé, le problème de son illégitimité est ainsi masqué. Les procédures politiques, les oppositions locales et les délais sont décrits comme des frictions à réduire. Et dans ce programme, s’adressant aux financiers, Larry Finck est clair : « vous restez maître de vos fonds à 100% sans demander la permission à quiconque pour les déplacer ou les utiliser…et surtout, il ouvre l’accès à des rendements qui étaient réservés aux institutions de l’ancien monde : 10 à 15% parfois 20-25% »
Dans le viseur : les services publics, la sécurité sociale, l’économie sociale et solidaire etc.
Le Capitalisme espère que ce plan DeFI qui intègre le keynésianisme de guerre, et la guerre, avec l’intelligence artificielle et tous les artifices de financiarisation numérique, lui permettront de poursuivre sa fuite en avant mortifère pour l’humanité et le monde du vivant.
A Davos, Larry Fink a conclu son discours de manière signifiante : « Le monde change… dans cette période de crise de légitimité, les plus grands transferts de richesse ne vont pas à ceux qui attendent mais vers ceux qui agissent : Et vous de quel côté voulez-vous être ? »
A Davos les Ultrariches ont pris la mesure de leur illégitimité et se sont organisés pour sauver leur système prédateur en faisant sécession.
Ils ont un plan de bataille, un chef, une gouvernance, des outils technologiques et Ils savent pouvoir compter sur les politiciens qui ont besoin d’eux pour se faire élire et surtout sur Trump et tous les libertariens, fascisants et fascistes pour sauver ce système illégitime et périmé en contraignant les peuples récalcitrants.
Oui le monde change et il faut choisir son côté. Mais le choix n’est pas entre les plus riches gagnants et les moins riches perdants mais entre la finance prédatrice ou la fraternité humaine. Après Davos, le capitaliste est en ordre de bataille débarrassé de tout scrupule, déterminé à poursuivre sa fuite en avant quoi qu’il en coûte pour les populations.
Face à lui les forces d’émancipation peuvent s’appuyer sur la prise de conscience de son illégitimité désormais reconnue pour briser le cycle de l’accumulation financière et du consumérisme dominant et mettre en échec ce plan de bataille.
Pour ces forces, la problématique est de faire émerger, en s’appuyant sur les mouvements populaires qui se développent un peu partout dans le monde et à partir du local et des déjà-là, un écosystème internationaliste fondé sur la coopération. Pour répondre aux besoins humains dans le respect du vivant. Et pour la PAIX.
Alain Lacombe
Macron et l’indépendance vue de Davos
Macron a lancé un vibrant appel aux grands patrons du monde réunis à Davos : « Soyez les bienvenus en Europe, et doublement bienvenus en France ».
Les chinois ne sont pas oubliés : « nous avons besoin de davantage d’investissements directs étrangers chinois en Europe dans des secteurs clés pour contribuer à notre croissance ». S’adressant à tous, il précise : « nous devons améliorer la valeur ajoutée des investissements directs étrangers en ciblant les projets avec un fort potentiel d’exportation ».
Le but de son appel à la pénétration de la finance mondiale n’est donc pas d’investir plus pour répondre aux besoins des populations et de la société mais bien d’accélérer la circulation financière spéculative mondiale qui s’organise autour de la marchandisation.
Pourtant Macron avait commencé son discours par une ode à la préférence Européenne, c’est d’ailleurs quasiment la seule chose que les grands médias français ont retenu. On ne tient pas le même discours selon qu’on s’adresse aux électeurs ou au monde des affaires !



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