Notes d'actualité

Ils ont cartographié les réactions à l’invasion de l’Ukraine

par Catherine Destom Bottin

Cette carte[1], la première dans son genre, analyse les réactions de l’ensemble des États à 18h30 Paris 7 mars, en intégrant les résultats du vote aux Nations Unies, vis-à-vis de l’invasion russe de l’Ukraine.

Au sein du Groupe d’études géopolitiques, les auteurs analysent les prises de position de l’ensemble des États face à cette agression, en mettant à jour une carte des réactions officielles.

Le Groupe d’études géopolitiques (GEG) indique produire « de la recherche fondamentale à partir de la notion d’échelle ». Éclairant sa démarche, il précise : « Nous avons analysé des déclarations officielles (chef d’État, ministres des Affaires étrangères) en les classant en fonction de quatre catégories :

  • Condamnation avec riposte (sanctions, etc.)
  • Condamnation sans riposte 
  • Pas de condamnation explicite
  • Soutien explicite
  • Les États n’ayant pas encore effectué de déclaration sont laissés en gris.

Quelques remarques partant de l’observation de ce document.

En Europe 597 millions d’Européens habitent un pays favorable à une riposte à l’égard de la Russie et seulement 90 millions d’européen.e.s habitent un pays qui certes condamne mais ne fait pas le choix de la riposte

En Amérique du Nord, si on en extrait le Mexique et ses 130 millions d’habitant.e .s, ce sont 368 millions de citoyen.e. s habitant un pays qui fait le choix de la condamnation augmentée de la riposte. En Amérique latine le rapport s’inverse. Ils sont 9 millions d’humain.e.s à vivre dans un pays qui choisit la riposte et 647 millions à vivre dans un pays qui n’a pas choisi la riposte mais qui néanmoins condamne la guerre ou ne la soutient pas. En Asie qui compte 4,4 milliards d’habitant.e.s il y a 106 millions d’humain.e.s dont le pays choisit la riposte et 4 294 000 000 d’humain.e.s dont le pays condamne ou s’abstient mais ne choisit pas la riposte. Et puis l’Afrique ! En Afrique il y a 1 317 000 000 habitant.e.s. Ce 1,3117 milliards d’humain.e.s vit sur un continent où aucun pays n’a choisi la riposte.

Comptons large, 1,2 milliards d’humain.e.s ont des gouvernements qui choisissent la voie la plus guerrière, 6,5 milliards d’humain.e.s vivent dans une zone qui condamne ou non l’entreprise guerrière et qui d’un même mouvement n’entendent pas lui donner de suite armée.

Cette carte et le visage du monde qu’elle dresse n’a pas passionné la presse soumise à l’argent et peut-être demeure-t-elle encore un peu méconnue de la presse plus indépendante. Néanmoins l’Afrique notamment mais aussi les divers pays qui ne font pas le choix le plus guerrier sont le plus souvent pointés comme installés dans une dépendance à la Russie de nature politique ou militaire. Autant dire qu’avec une telle promesse de clients sur la planète, personne ne saurait avoir autant de perspectives de développement que le plus miteux des oligarques russes.

Plus sérieusement certes on ne saurait confondre les gouvernements et les populations gouvernées, mais cette unanimité pour la paix nous parle d’un monde et nous laisse entendre qu’en fait les peuples déjà les plus confrontés à la souffrance ont le réflexe du combat pour la vie. Cette carte dessine un encouragement puissant à mesurer que le monde n’est plus bipolaire, qu’il n’a plus la solution de la guerre, que le non alignement du siècle dernier peut enfin tenir sa promesse de paix.

Catherine Destom Bottin


[1]          https://legrandcontinent.eu/fr/2022/02/24/cartographier-les-reactions-a-linvasion-de-lukraine/

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