Le budget n’implique pas seulement le social mais aussi et d’abord la démocratie.
Parler de budget de l’État est impropre. C’est un abus de langage qui permet un abus de pouvoir : l’État n’a pas d’argent à lui. C’est le nôtre, celui des contribuables. Il devrait donc être logique que ce soient les citoyen·ne·s qui en décident. Mais voilà : nous ne sommes citoyen·ne·s que le temps passé dans un isoloir pour pouvoir ensuite… nous taire et f… la paix aux décideurs. Alors comment peut-on souhaiter répondre à nos besoins sans avoir à se taire et attendre ? Or contrairement à l’idée reçue, le déficit budgétaire ne vient pas de dépenses qui auraient trop augmenté mais de recettes qui ont stagné voire diminué. Où va-t-on prendre l’argent nécessaire ? Il n’y a que deux options : soit dans la poche d’une population qui n’en peut plus, soit dans celle des milliardaires qui en regorgent. Mais comment croire qu’ils vont se laisser faire ?
Soit au nom du réalisme on renonce, soit au nom de la nécessité on fait du rentre dedans. Pensons qu’il n’existe pas un seul acquis social ou démocratique sans que les intéressé·e·s ne l’aient réclamé avec suffisamment de force en étant nombreu·se·s et précis·e·s. La clé du déficit c’est donc les recettes. Dire qu’il faut faire payer les riches a le mérite d’être suffisamment flou pour que les forces réactionnaires surfent dessus. Elisabeth Borne alors première ministre de Macron ne l’avait-elle pas dit ? Le sénat et la commission des finances de l’Assemblée ont mis en lumière que la dépense la plus importante de l’État sont les 211 Milliards d’impôts des contribuables qui partent vers les grosses entreprises sans contrepartie en termes d’emplois. Cet argent c’est le nôtre. On est devant un véritable détournement de fonds. Exiger à partir de ses préoccupations que cet argent retourne à ce pour quoi il devrait être fait est à la portée de toutes et tous. Le tout est de ne pas s’autocensurer par défaitisme ni de se laisser enfermer par une présidentielle encore lointaine.
Photo by Mathieu Stern


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