Le Capital, pour optimiser le taux de profit, restructure et se concentre sans cesse dans l’industrie et les services…mais aussi dans l’agriculture. Sur ces 4 dernières années, le nombre d’agriculteurs/rices a été divisé par 4. La taille moyenne des exploitations est passée de 28 ha en 1988, avec une accélération à 93 ha aujourd’hui. 40 000 exploitations agricoles ont disparu en 4 ans. Un phénomène de concentration propre au capitalisme. Ces brutales transformations provoquent une détresse sociale dans les campagnes notamment avec un taux de suicide élevé. Selon la Mutualité sociale agricole. Le risque suicidaire est bien plus élevé dans ce secteur que dans le reste de la population : + 46 % pour les assurés agricoles de 15 à 64 ans, et jusqu’à + 77 % pour les chefs d’exploitation. Toujours selon la Mutualité sociale agricole en 2024, plus de 300 agriculteurs se donnent la mort chaque année en France. La pauvreté gagne les campagnes : 10 % des ménages agricoles les plus modestes gagnaient moins de 10 900 euros par an et 17,7 % des exploitants agricoles vivaient sous le seuil de pauvreté. Pour pallier la faiblesse de ses revenus, près de 1 agriculteur sur 5 exerce au moins une activité en plus de son métier de paysan. Dans la dernière période, l’insertion accélérée de l’agriculture française dans la division capitaliste internationale du travail a intensifié ces tendances comme l’illustrent les accords de « libre-échange » qui se multiplient, le Mercosur en étant le dernier exemple le plus décisif (?) pour l’avenir de l’agriculture française.
Comme cela arrive souvent des phénomènes « naturels » (inondations, ouragans, sécheresse…) constituent des aubaines pour précipiter des tendances déstructurations -restructurations en cours. La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et son mode de traitement en est un récent exemple agricole. La décision d’abattre tout le troupeau lorsqu’un bovin est contaminé a déclenché la colère des agriculteurs/trices. Les paysans/nes ont alors contesté le monopole du savoir de l’État en matière de traitement sanitaire et opposé une alternative, « un autre savoir » que la Confédération paysanne a proposé dans un plan détaillé. Une contestation insupportable pour l’État sachant et vertical. Mais pour les agriculteurs/trices, il était clair que l’abattage massif visait à la disparition de leurs exploitations… un plan social XXL. Comme l’explique Stéphane Galais, responsable de la Confédération paysanne nous sommes à « une époque charnière où le capitalisme est en passe de mettre un terme définitif à l’agriculture paysanne, fondée sur l’exploitation familiale petite ou moyenne. L’accaparement croissant des terres et leur concentration toujours plus poussée entre les mains d’un petit nombre d’entrepreneurs en est un bon exemple. C’est justement dans ce basculement que prend racine le malaise paysan actuel. »
Patrick Le Tréhondat





C’est bien pour cela qu’il est plus qu’urgent de trouver les moyens de se débarrasser( au moins ) du capitalisme économique. On n’a pas besoin pour “bien-vivre” d’espaces immenses, de monoculture et d’élevage intensif.
D’autant que cette façon de cultiver et élever le bétail tuent notre capital vital : la terre et l’air qui l’entoure. En ce domaine il y a déjà du “déjà-là”. Sachons agir pour le développer.