Editorial

Et maintenant que faire ?

Que faire après cette élection présidentielle reproduisant la finale de 2017 dont 4 français sur 5 ne voulaient pas.

Malgré le grand tapage médiatique, 15.8 millions d’électeurs se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul au 2eme tour.  41% des votants Macron déclarent ne pas adhérer à son projet ; la présidentielle apparaît chaque fois plus mortifère pour la démocratie, les partis traditionnels sont dépassés… Pierre Ducrozet dans Libération écrit : « il y a quelque chose de délétère dans cette démocratie, une odeur de fin de règne ».

A l’évidence, pour la grande majorité de nos concitoyens, la réélection bien orchestrée du président n’ouvre aucun espoir de sortir de la crise globale qui s’accélère et qu’ils subissent durement.

Et l’inquiétude est grande car le pire peut arriver.

La droite toujours plus dure se réorganise autour de Macron vers qui convergent LR et PS en mal de reclassement. Sa porosité avec  l’extrême droite  se confirme sous forme de débauchage et de récupération d’idées.

Les jeunes de 18 à 34 ans se sont abstenus à près de 45% (Ipsos) et comme ils ne sont pas aussi dépolitisés que ça (climat, solidarité…) cela traduit aussi une contestation de l’ordre établi. Beaucoup se sont saisi du vote Mélenchon perçu comme le seul  utilisable pour dire quelque chose : 18/24 ans 31%, 25/34 ans 34%.  Les mouvements  étudiants et lycéens clamant leur colère  devant le non choix du 2ème tour, est significatif, au-delà des controverses ils expriment souvent le refus de l’ordre capitaliste.  Il y a, semble-t-il, notamment dans la jeunesse, un potentiel de luttes et de construction politique porteur d’avenir.

Parallèlement, l’accord au sommet des appareils à gauche nous pose la question de ne pas en rester à ce stade et de tout en attendre. Mais, partant de cette réalité nouvelle, se pose comment, partout où c’est possible, peut s’organiser des assemblées  citoyennes qui accentuent les mesures porteuses de dépassement des logiques capitalistes et font que les futurs élus ne se considèrent pas indépendants de ces constructions.

Il faut nous en saisir pour construire sur le temps long, à partir des urgences. L’expérience nous montre qu’il est vain de courir d’une élection à l’autre avec des stratégies à géométrie variable pour chaque échéance.

Ces espaces, ou ces collectifs, doivent s’inscrire dans la durée, œuvrer à décloisonner et libérer la vie politique,  faire le lien entre la politique et les luttes sociales, environnementales, sociétales …

Alain Lacombe

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