Horizons d'émancipation

Anticapitalisme n’est plus un gros mot

Cet article fait partie du dossier « De l’hégémonie sociale à l’hégémonie politique ». Les autres éléments de ce dossier sont à lire sur ce site :


Derrière les mots se cachent des idées, des concepts. Faire le choix de tel ou tel mot n’est pas anodin. On est ainsi passé de patronat et syndicat à partenaires sociaux, de chômeurs à personne à la recherche d’un emploi, de cotisations sociales à charges sociales comme si des droits nouveaux étaient des fardeaux et nous pourrions allonger la liste. Après la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS l’idéologie dominante a fait en sorte de périmer certains mots comme anticapitalisme, lutte de classe, communisme, exploitation. On apparaissait comme d’une autre époque, « has been » quand on utilisait ce vocabulaire considéré comme suranné. La bataille idéologique se joue aussi des mots. Les luttes sociales de ces dernières années ont permis de « reprendre la main » sur le vocabulaire. Le mouvement social s’affronte depuis plusieurs années aux tenants de l’ordre néolibéral. Ce que vivent les gens ce qu’exprime le mouvement social permet de réarmer un vocabulaire considéré comme obsolète. Alors que les organisations politiques utilisent des circonvolutions langagières les amenant à ne pas nommer les choses, les gens se réapproprient un vocabulaire que certains voulaient mettre aux orties. Il n’est pas négligeable qu’aujourd’hui le mouvement social réintroduise dans son discours un vocabulaire que l’on croyait éteint. Déjà en 2006 lors des manifestations contre le CPE est apparu le mot d’ordre « Rêve général » préfiguration de nos luttes d’aujourd’hui : Anticapitalisme n’est plus un gros mot.

« Sous les pavés la plage » et derrière les mots la bataille idéologique !

Daniel Rome

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