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	<title>Cerises La Coopérative</title>
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	<title>Cerises La Coopérative</title>
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		<title>La Culture ? Un malentendu…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Eyraud-Chaume]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 13:49:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La balle au bond]]></category>
		<category><![CDATA[Art ensemble of culture]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous reprenons, ici, avec la permission de l&#8217;auteur, un article de la publication Paratge. Merci Laurent. L’intervention d’Anne Bouvier aux molières a été partagée des milliers de fois sur internet. Elle a ravi notre milieu. Comme un bonbon sur nos bobos&#8230; Laurent Eyraud-Chaume mai 08, 2026 Alors que la traditionnelle prise de parole de la CGT Spectacle [&#8230;]]]></description>
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</div>



<h3 class="wp-block-heading">L’intervention d’Anne Bouvier aux molières a été partagée des milliers de fois sur internet. Elle a ravi notre milieu. Comme un bonbon sur nos bobos&#8230;</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://substack.com/@paratgeculturesocit"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://substack.com/@paratgeculturesocit">Laurent Eyraud-Chaume</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">mai 08, 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la traditionnelle <a href="https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/molieres/molieres-une-37e-ceremonie-tres-politique-mais-sans-la-cgt">prise de parole de la CGT</a> Spectacle a été repoussée, l’intervention d’Anne Bouvier, actrice et metteuse en scène, lors de la cérémonie des Molières a été saluée par des applaudissements nourris et partagée des milliers de fois sur internet. Elle a ravi notre milieu car elle dit en quelques mots : les artistes sont pauvres, la vie culturelle crée de la richesse économique et des emplois, et elle est essentielle à nos vies&#8230; (Évidemment je résume à grands traits.)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.facebook.com/share/v/16xcNXkgXo/">Moi aussi, elle m’a touché.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.facebook.com/share/v/16xcNXkgXo/">Comme un bonbon sur nos bobos&#8230;</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Passé le goût sucré, elle me pose plus de questions qu’elle n’ouvre de possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, la culture c’est important, oui elle crée de la richesse, oui cette richesse se crée sur le dos de salariés pauvres&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peu comme toutes les autres productions de la société finalement&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait dire pareil pour ceux et celles qui font des applis pour nos téléphones, fabriquent des maisons ou des parasols&#8230; Essentiels mais fruit de l’exploitation&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le capitalisme quoi&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Anne Bouvier parlait d’autre chose&#8230; Elle parlait du fait que “l’image” que donne la culture dans la société est l’image de “nantis coupés du monde”&#8230; Alors que les travailleurs de la culture sont pauvres&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on parle des usines ou même de grands services publics, on ne se dit pas que le patron, le directeur et l’ouvrier ou le salarié font partis de la même classe&#8230; On voit bien qu’il y a des intérêts un brin contradictoires&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le secteur culturel, on défend la Culture, sa grande famille et on paie tous pour l’image que donne de nous une petite minorité que les gens idientifient à “la culture”&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le grand malentendu est celui de croire qu’il y aurait “Une” culture, qu’on pourrait mettre tout ça dans un grand sac, les éclairagistes et les directeurs de société de production, les auteurices et les webdesigners, les éditeur·rices et les comédien·ne·s, les profs d’école de musiques et Marion Cotillard&#8230; Tout ça dans un grand sac, les spectacles dans les villages et les show télévisés, les bals trad’ et les séries policières, les artistes plasticien·ne·s et les musicien·ne·s pour fête votive&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le “secteur” culturel est un secteur économique dans lequel les logiques capitaliste s’appliquent avec plus ou moins de brutalité. Certains sont propriétaires des moyens de productions et d’autres pas&#8230; Parfois, il y a des outils de régulations qui atténuent cette réalité mais souvent c’est largement aussi compétitif que le reste de la société&#8230; Même méthode de management, même paupérisation, même patriarcat et même racisme qu’ailleurs&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secteur culturel n’est pas “qu’un” secteur économique. Et c’est là où ça se complique&#8230; Quand les représentations s’en mêlent, tout s’emmêle&#8230; Une partie de la droite et de l’extrême droite ont réussi à associer “élite” et culture, domination de classe et artiste. Anne Bouvier sent bien que c’est un piège mais sa manière d’y répondre, très classique finalement, ne permet pas vraiment d’inverser la tendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car si, évidemment, on est content de savoir que notre “secteur” rapporte, comme on serait content de la relance de l’industrie de la chaussure française&#8230; Il faudra un peu plus d’éléments pour donner le désir de défendre les subventions publiques et les humains qui y sont liés&#8230; Les “valeurs” ça ne se mange pas&#8230; C’est vague et un brin descendant. Il faudrait défendre la culture parce que c’est “essentiel” ok&#8230; Parce que c’est “important” ok&#8230; Mais que veulent dire ces mots ?</p>



<figure class="wp-block-image"><a class="image-link image2 can-restack" href="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Ho3i!,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F3bb4761e-91c3-48d8-8b7e-2cc4b7df2f5e_300x168.jpeg" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><img decoding="async" src="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!Ho3i!,w_1456,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F3bb4761e-91c3-48d8-8b7e-2cc4b7df2f5e_300x168.jpeg" alt=""/></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Assumer le fait que nos vies culturelles sont multiples obligerait nos portes-voix à parler de toutes les cultures, de toutes les actions&#8230; Même celles qui ne sont pas dans l’espace de leurs représentations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Être touché par une chanson de variété au soir d’une rupture, trouver un polar dans la médiathèque du coin, découvrir une série en streaming ou apprendre une danse avec ses ami·e·s&#8230; Être emporté par une histoire, révolté une injustice, bouleversé par un spectacle&#8230; Chanter avec ses voisins ou apprendre une langue nouvelle&#8230; Nos vies sont culturelles&#8230; Le malentendu est de penser que “la” culture serait extérieure à nous. Décidée par un marché ou l’État. Par les wokes qui souhaiteraient nous endoctriner, ou les fachos nous faire avaler leur roman national&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contre tous ceux qui souhaitent dominer nos représentations et asservir nos pensées, la défense de nos libertés d’expression et de création dépasse et englobe la défense d’un secteur ou d’une profession. Elle a à voir avec la sauvegarde de notre part d’humanité, de ce qui nous relie, nous permet d’être libre et aussi, accessoirement, de vivre ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’il y a une “bataille culturelle”, ce n’ est pas celle qui devrait imposer un récit face à un autre, mais celle qui fait de la défense de nos “humanités” un enjeu de civilisation partagée, un combat politique (donc populaire) pour défendre un droit, pour tous, à la création et à l’imagination, à la fête et à l’intelligence&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Lettre à toi, cher &#8220;JE&#8221;</title>
		<link>https://ceriseslacooperative.info/2026/05/08/tant-de-je-si-semblables-et-si-differents/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[André Pacco]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 08:45:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Emancipation individuelle, Emancipation collective]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveaux défis]]></category>
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					<description><![CDATA[Ne m&#8217;en veux pas si je te tutoie : je dis tu à tous ceux que j&#8217;aime, même si je ne les ai jamais vus. N&#8217;est pas Prévert qui voudrait, mais le cœur y est. En janvier dernier, la rédaction écrivait : « Les puissantes vagues féministes internationales des années 2000 ont libéré la parole, ont renforcé [&#8230;]]]></description>
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<p class="has-ast-global-color-0-color has-ast-global-color-4-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-8427075e7ea26f450f2cfa155551ab25 wp-block-paragraph"><em>Ne m&#8217;en veux pas si je te tutoie : je dis tu à tous ceux que j&#8217;aime, même si je ne les ai jamais vus.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-ast-global-color-4-background-color has-background wp-block-paragraph">N&#8217;est pas Prévert qui voudrait, mais le cœur y est.</p>
</div></div>
</div></div>
</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">En janvier dernier, la rédaction écrivait : « Les puissantes vagues féministes internationales des années 2000 ont libéré la parole, ont renforcé la pensée critique et fait progresser les droits des femmes. Le huis clos du couple comme le huis clos du procès de Gisèle Pélicot éclatent et l’intime devient politique&#8230; Le mouvement féministe articule de manière pertinente l’individuel et le collectif. Et ce processus engrange des victoires contre la domination patriarcale et au-delà contre toute domination ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de ce constat, peut-on étendre cette histoire des luttes féministes à d&#8217;autres aspects de nos vies. En ce mois de mai, la rédaction présente une synthèse de tout ce qu&#8217;ont dit ou écrit, une vingtaine d&#8217;auteurs et d&#8217;autrices, depuis janvier, dans Cerises, sur cette question. Et cela constitue un dossier intéressant présenté dans le journal de mai. <a href="https://ceriseslacooperative.info/">Voir tous les éléments écrits ou visuels du défi &#8220;JE, NOUS&#8221;, émancipation individuelle, émancipation collective&#8221; en page d&#8217;accueil du site.</a></p>



<h3 class="wp-block-heading">Mais selon nous, il manque une bonne dose de concret.</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le dossier du mois de juin, nous voulons une suite, dite ou écrite par toi, acteur ou actrice du terrain, quelles que soient les caractéristiques de ce terrain&#8230; Nous avons bien vu ces initiatives, parfois sous des formes nouvelles de lutte, notamment avec la participation de nombreux jeunes dans des actions puissantes, innovantes et souvent évocatrices de remises en cause radicales de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour toi, ami lecteur, que manque-t-il à cette synthèse? Qu&#8217;en penses-tu? Qu&#8217;en disent les &#8220;JE&#8221; lecteurs? Comment, toi, en tant que &#8220;JE&#8221;, à partir de ton combat propre, de tes combats, trouves-tu ou cherches-tu à trouver les &#8220;NOUS&#8221; indispensables pour mener à bien ce combat, ces combats? Il y a tant de commun mais aussi tant de diversité.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La parole est donc aux &#8220;JE&#8221; qu&#8217;ils soient seuls ou en petits groupes pour pouvoir identifier, ensemble, les obstacles du passage aux &#8220;NOUS&#8221;</h4>



<h3 class="wp-block-heading">Comment faire&nbsp;?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Tu peux écrire, (à partir de ton compte Cerises) tu peux téléphoner, échanger par visio avec l&#8217;un·e d&#8217;entre nous. Un texte peut être écrit par nous à partir d&#8217;un entretien téléphonique, d&#8217;une visio, nous pouvons publier cette visio telle quelle&#8230; ou non.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tu peux nous joindre par mail à contact@ceriseslacooperative.info? Appeler un membre de la rédaction que tu connais? L&#8217;un·e d&#8217;entre nous peut t&#8217;appeler et t&#8217;interroger pour faciliter l&#8217;expression.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pour dire quoi?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Te présenter? Qu&#8217;aimerais-tu changer dans ta vie ou dans la société? Participes-tu à un collectif? Lequel? T&#8217;y sens-tu bien? Pourquoi selon toi? Es-tu engagé·e dans des luttes? Lesquelles? Quels rapports entretiens-tu avec les organisations structurées (associatives, syndicales, politiques)? Selon toi, manque-t-il quelque chose  à ces organisations pour qu’elles soient porteuses de réelles perspectives ? Si oui, quel serait ce manque ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Merci à toi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Photo by D Jay<br></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Cette question s’est-elle toujours posée de la même façon ou atteint-elle aujourd’hui un point névralgique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 15:40:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article - Horizons d'émancipation]]></category>
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					<description><![CDATA[Une question qui n’est pas nouvelle Christian MahieuxJe pense que l’histoire du passage du Je au Nous n’est pas nouvelle. Il y a 40, 50 ans, cette question était déjà posée, notamment dans les rapports au travail dans un certain nombre de secteurs.  Je pense à la SNCF, mais c’est dans tous types d’entreprises de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="27343" class="elementor elementor-27343">
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									<h3><strong>Une question qui n’est pas nouvelle</strong></h3><p><strong>Christian Mahieux<br /></strong>Je pense que l’histoire du passage du Je au Nous n’est pas nouvelle. Il y a 40, 50 ans, cette question était déjà posée, notamment dans les rapports au travail dans un certain nombre de secteurs.  Je pense à la SNCF, mais c’est dans tous types d’entreprises de ce genre. Et aujourd’hui, nous assistons à un phénomène, peut-être inverse : <strong>avant il y avait un Je dans le processus de travail qui construisait du Nous. C&#8217;est remis en cause par l’organisation même du travail</strong>.<br />Le Je et le Nous, historiquement, c&#8217;est quelque chose qui est très porté par la culture libertaire. La mise en avant du Je pour construire le Nous. Je fais, là aussi, probablement, à la hache ; mais contrairement (et je mets des guillemets) à la culture qu&#8217;on va dire « collectiviste ».</p><p><strong>Célia Musac<br /></strong>Un texte de Kant me revient, c’est « Qu&#8217;est-ce que les lumières » ? qui parle du fait d&#8217;être sous tutelle et de devenir autonome. Ce n&#8217;est pas la même époque qu&#8217;aujourd&#8217;hui mais je trouve qu&#8217;aujourd&#8217;hui<strong> on peut faire un lien quand même avec le fait que penser par soi-même, c&#8217;est toujours un risque</strong>, c&#8217;est toujours un travail, c&#8217;est toujours quelque chose, c&#8217;est une aventure et c&#8217;est quelque chose qu&#8217;on fait de façon pas toujours très confortable.</p><p><strong>Makan Rafatdjou<br /></strong>Ce dont souffre le mouvement ouvrier, c’est que pour la Révolution sociale, des États, des organisations ont dit : <strong>nous avons le monopole de la visée</strong>, le monopole de la bonne formulation de la visée, le monopole de la stratégie etc.</p><p><strong>Cela a pu fonctionner à un moment donné</strong>,<strong> parce que ça donnait de la force</strong> mais dans le temps ça a asséché la diversité. Les mouvements féministes, écologistes, décoloniaux ou autres sont riches à travers et par-delà la diversité des positions qui s&#8217;y déploient,  comme si la visée commune <span style="text-decoration: line-through;">qui</span> n&#8217;est pas formulée à l&#8217;avance, mais se s’élabore au fur et à mesure de la pratique même de ces mouvements et de leurs pensées</p><p><strong>Ludivine Bantigny<br /></strong><span style="font-size: 16px;">Je suis d&#8217;accord avec ce qu&#8217;a dit Christian, en disant que c&#8217;est un problème qui n&#8217;est pas nouveau et qu’</span><strong style="font-size: 16px;">il ne faut pas s&#8217;inventer une supposée nouveauté</strong><span style="font-size: 16px;">, parce que ça fait très longtemps que le Je et le Nous, l&#8217;articulation entre les deux travaillent les mouvements émancipateurs.<br /></span>Je vais essayer de vous donner des exemples. Le but, n&#8217;est pas de faire de l&#8217;histoire pour le plaisir d&#8217;en faire, mais de poser quelques enjeux qui vont dans le sens de notre discussion collective et y compris en évoquant des femmes qui sont trop souvent oubliées<br />Ce qui était vraiment très intéressant, à partir des années 70 c&#8217;est l&#8217;idée de groupes de parole, l&#8217;idée de groupes d&#8217;expression. Que fait-on des affects, que fait-on de l&#8217;intime quand on est militant et l&#8217;idée a été vraiment de réfléchir au fait que le privé pouvait être aussi politique. On l&#8217;a dit beaucoup dans les années 70, mais ce qui s&#8217;est passé dans les années 80 et que Christophe Dejours a bien démontré en tant que psychiatre, en regardant la souffrance au travail, c&#8217;est qu’il y a eu une individualisation des relations de travail, une sorte de mise en concurrence généralisée qui a accentué la souffrance au travail, qui a fait naître des souffrances psychiques liées à la mise en compétition des uns avec les autres, en disant que c&#8217;était le Je qu&#8217;il fallait mettre en avant.</p><h3><strong>Mais une question qui se pose différemment suivant les périodes historiques</strong></h3><p><strong>Pierre Zarka<br /></strong>La question du JE et du Nous se serait toujours posée ? Sauf que la notion d’efficacité n’est pas la même suivant les époques historiques. La révolution industrielle a formaté les mentalités et les comportements : pour être efficace, il fallait se fondre dans le Nous. C&#8217;est le film de Chaplin <em>Les temps modernes</em>. Mais ce n&#8217;est pas qu&#8217;une caricature. Parce que le principe fondamental du travail dans l’industrie était de faire comme les autres. Et <strong>le mouvement ouvrier s’est profondément ancré dans cette réalité pour aborder les questions sociales et politiques de manière globalisante</strong>.<br />Aujourd&#8217;hui c’est ce qui a changé. Si vous avez un entretien d&#8217;embauche, on vous demande de ne pas faire comme les autres, on demande quelles initiatives vous êtes capables de prendre.<br />Jusque dans les années 60 en gros, le modèle révolutionnaire, était de se fondre dans la masse et <strong>progressivement l’individuation s’est affirmée</strong> et on a commencé à attendre de la société qu’elle prenne en compte les différents JE. Ce que portent très clairement les mouvements féministes ou issus des migrants. C’est à partir de l’intime ressentis par les JE c’est-à-dire de la volonté de faire reconnaître sa personnalité qu’ils se sont formés en Nous et en ce qui concerne les femmes de manière plutôt efficace.<br />Et quand vous regardez aujourd&#8217;hui la manière dont est faite la politique traditionnelle, on est encore dans le vingtième siècle. Les JE n&#8217;y sont pas.  Je rejoins ce que disait Christian sur la culture libertaire. Ce qui pouvait paraître marginal il y a 40 ans devient le cœur de la crise du système représentatif.<br />Pourquoi tant de gens s’abstiennent aux élections ? Pas par passivité, ils le disent eux-mêmes parce qu&#8217;ils en ont marre qu&#8217;on les prenne pour des cons, et que leur Je n&#8217;existe pas. Tout ce qu’on leur demande c’est de suivre ceux qui pensent à leur place.<br />Quand on discute avec des personnes issues <span style="text-decoration: line-through;">d</span>es milieux populaires, il y a une chose qui les caractérise : « On a l&#8217;habitude de faire par nous-mêmes. ». Or tout le discours politique tend à dire ne faites pas par vous-même, Suivez-nous. Alors ils ont le sentiment que la politique est réservée aux « intellos » et que ce sont eux qui ont tout foiré depuis des décennies.</p><p><strong>Josiane Zarka<br /></strong><strong>Les difficultés du passage du « Je » au « Nous » émancipateur ont toujours existé. Mais leur nature est différente selon les périodes historiques.  <br /></strong>Aujourd’hui, une des raisons des difficultés tient à ce que les organisations de gauche, politiques, syndicales ou associatives fonctionnent encore sur <strong>un modèle étatique de changement par le haut qui ne tient pas compte des situations et des paroles individuelles</strong>.<br />Ce fonctionnement ne correspond plus aux processus de politisation des nouvelles générations pour qui les « Nous » ne peuvent se construire qu’à partir des individualités, des expériences et de désirs personnels. C’est notamment le cas des luttes féministes.<br />D’autre part le mode délégataire tend à produire des élites issues de la petite bourgeoisie qui élaborent des politiques à leur image, parfois éloignées des manières d’être et de penser des catégories populaires.<br />Selon B Coquard<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>, ce qui caractérise ces catégories c’est la fierté d’être capable de « travailler dur », de <em>« s’en sortir par soi-même », </em>de ne pas devenir des « assistés ».  Les discours de la gauche parfois misérabilistes sur une <em>« France périphérique abandonnée »</em> qu’il faudrait<em> « aider » sont rejetés</em>. Le RN les valorise en leur disant qu’ils ne sont pas des assistés.<br />Leur rejet « de classe » du discours écologiste <em>mainstream</em> est significatif. Le premier acte des Gilets Jaunes a été de rejeter la taxe carbone : l’augmentation du prix des carburants devait inciter les Français à « décarboner » leurs moyens de transport. La plupart n’ayant pas les moyens d’acheter une voiture électrique et les transports en commun étant inexistants, la mesure a été perçue comme inégalitaire et punitive.</p><p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Benoît Coquard, Sociologue spécialiste des classes populaires et des mondes ruraux.</p>								</div>
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			<a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/05/07/je-nous-emancipation-individuelle-emancipation-collective/" target="_self" title="JE, NOUS : Emancipation individuelle, émancipation collective"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="609" src="https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio.jpg" class="attachment-full size-full wp-image-27337" alt="" srcset="https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio.jpg 800w, https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio-300x228.jpg 300w, https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio-768x585.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
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			<span class="uael-post__terms"><span class="uael-listing__terms-link">Horizons d'émancipation</span></span>		<h3 class="uael-post__title">

		
						<a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/05/07/je-nous-emancipation-individuelle-emancipation-collective/" target="_self">
				JE, NOUS : Emancipation individuelle, émancipation collective			</a>

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			Quels obstacles sur les chemins de l’émancipation&nbsp;? Une partie des exploités/es et des dominés/es qui pourtant est concernée, n’a-elle pas le sentiment que les mouvements, ...		</div>

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		<title>JOURNAL DE MAI</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 15:37:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Cerises N°80 MAI 2026Télécharger (PDF)]]></description>
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		<title>Il y a une multiplicité de Nous, mais le Nous est-il toujours émancipateur ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 15:30:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article - Horizons d'émancipation]]></category>
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					<description><![CDATA[Makan RafatdjouIl y a une historicité. On est tous d&#8217;accord, mais ne donnons pas l&#8217;impression que ces tensions entre Je et Nous, telles qu&#8217;elles étaient hier, étaient nécessairement bonnes. Pour revenir sur le mouvement ouvrier, une grande masse de celles et ceux qui formaient les partis peut être s’y reconnaissaient très bien, mais tous ne [&#8230;]]]></description>
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									<p><strong>Makan Rafatdjou<br /></strong>Il y a une historicité. On est tous d&#8217;accord, mais ne donnons pas l&#8217;impression que ces tensions entre Je et Nous, telles qu&#8217;elles étaient hier, étaient nécessairement bonnes. Pour revenir sur le mouvement ouvrier, une grande masse de celles et ceux qui formaient les partis peut être s’y reconnaissaient très bien, mais tous ne s’y reconnaissaient pas.  A partir du moment où ils se posaient des questions ou à partir du moment où ils les formulaient, ils étaient éjectés. Et ça valait aussi bien pour les partis en opposition qui cherchaient à acquérir le pouvoir, que pour les partis au pouvoir.<br />Et d&#8217;une certaine façon, on peut se demander si<strong> ces formes n&#8217;étaient pas une des formes fossilisées qui, en partie expliquent les échecs de ces mouvements</strong>, aussi bien dans leur forme étatique que dans leur forme oppositionnelle.</p><p><strong>Ludivine Bantigny <br /></strong>Dans les périodes antérieures à propos des formes de politisation, il y avait effectivement des partis qui écrasaient beaucoup les individus. Même si c’étaient des individus issus du milieu ouvrier puisqu’il a été question du Parti communiste, c’étaient des partis tellement bureaucratisés que ses dirigeants étaient parfois complètement déconnectés au point de considérer qu’il fallait cesser la grève le plus rapidement possible en 36.<br />Et je crois que <strong>ce qu&#8217;on a connu justement dans les années 30 ou 50 serait absolument impossible aujourd&#8217;hui</strong>, c&#8217;est plutôt réjouissant de ce point de vue, je trouve qu&#8217;il y a une grande intelligence politique des réseaux sociaux, alors je parle des réseaux sociaux militants et que, heureusement qu&#8217;on les a, mais c&#8217;est aussi une intelligence collective et individuelle.</p><p><strong>Sylvie Larue<br /></strong>Le Nous des couches populaires est totalement invisibilisé. Le collectif qui a fait campagne à Nice avec Mireille Damiano a travaillé sur des porte-à-porte dans les quartiers populaires, en essayant de travailler sur la prise des décisions à l&#8217;échelle municipale avec les citoyens, et en particulier avec les citoyens des quartiers populaires. Ils ont rencontré beaucoup de gens qui effectivement ne votent pas et qui ne croient absolument pas dans le fait que leurs paroles soient prises en compte.<strong> Ce Nous-là, à l&#8217;échelle nationale est aussi complètement invisibilisé.</strong></p><p><strong>Jean-Louis Sagot-Duvauroux<br /></strong><strong>Il y a un certain nombre de nous qui sont des évidences dans nos imaginaires et qui sont finalement pour moi des impostures</strong>. Des impostures qui bloquent beaucoup le développement historique. Par exemple je suis blanc, non, je ne suis pas blanc, je suis classé « blanc » par une imposture historique qui est très profondément inscrite en nous-mêmes. Quand je dis, « je ne suis pas blanc », on se demande ce que je raconte !<br />Il me semble qu’il y a là une réflexion sur le nous, qui est immédiatement confrontée à des arguments développés par les racistes qui nous accusent de faire de l’autoflagellation : nous avons colonisé l’Afrique, nous avons mis les africains en esclavage… Moi je n’ai rien fait, je suis né en 1950, l’esclavage était terminé et dès que j’ai pu être actif j’ai été contre. Donc je ne fais pas partie de ce nous et c’est très important que notre imaginaire se désolidarise de ces questions-là. Parce que je pense indispensable que les identités se rééquilibrent, comme les économies C’est un grand défi du 21ème siècle, un défi qui concerne aussi nos imaginaires.</p><p><strong>Célia Musac<br /></strong>Je trouve que c&#8217;est vraiment toxique en fait de dire les Blancs, les Noirs, les Jaunes, les Verts, les jeunes, les Blancs sont comme ci, les Noirs sont comme ça, c&#8217;est la faute des Blancs&#8230;<br />Cette terminologie est extrêmement toxique et je crois qu&#8217;on ne se rend pas compte à quel point ça entretient le racisme. C&#8217;est à dire l&#8217;idée de race. Y compris le terme racisé. Et d&#8217;ailleurs, les gens que les Blancs appellent racisés se défendent de cette terminologie. Ils ne veulent pas qu&#8217;on les appelle racisés, ils ne veulent pas être assignés à une race, ils ne veulent pas être renvoyés à leur couleur de peau. Ce n&#8217;est pas normal de fonctionner comme ça dans une société.</p><p><strong>Christian Mahieux<br /></strong>Je fais partie de celles et ceux qui pensent qu&#8217;employer le terme racisé ça facilite une dérive. Mais on ne peut pas reprocher à un certain nombre de personnes qui se reconnaissent d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, qui s’affirment, qui pensent, qui considèrent qu&#8217;elles sont ceci ou cela, de vouloir qu’ils ou elles soient reconnues en tant que tels. Attention s’y opposer n&#8217;est pas très loin quand même d&#8217;avoir la même position qu’il y a 50 ans « qu&#8217;est-ce que c&#8217;est que ce truc de vouloir absolument parler des femmes… mais toute la question, ce sont les droits de l&#8217;homme, évidemment que les droits de l&#8217;homme, ce sont aussi ceux des femmes ». Oui, sauf que <strong>quand on parle des droits de l&#8217;homme, on ne parle pas de ceux des femmes</strong>.</p><p><strong>Patrick Vassallo <br /></strong>La couleur de la peau sert à représenter une domination. Mais en soi, elle ne fait pas domination. Après, je ne vais pas faire un discours sur l&#8217;intersectionnalité et la construction en rhizome, mais on est quand même au cœur de cette question. Je renvoie, à Aimé Césaire là-dessus. <strong>Le fait d&#8217;assumer le terme de négritude n&#8217;est pas pour enfermer dans la négritude</strong>, il est simplement pour indiquer que les dominants, eux, savent de quoi ils parlent.</p><p><strong>Sylvie Larue<br /></strong>Moi, je suis très terre-à-terre.<br />Je voulais vous parler de la difficulté de faire du Nous dans mon collège. On arrive à faire du Nous dans l&#8217;équipe des enseignants. Régulièrement parce qu’il y a beaucoup de lieux. Dans notre collège on se rencontre, on discute. Où le nous se construit c&#8217;est la salle des profs, c&#8217;est la cantine, c&#8217;est le réfectoire, ce sont les heures d&#8217;information syndicale. On élabore des revendications.<br />Mais le collectif de travail il est plus large que ça, pas beaucoup plus large, nous sommes les plus nombreux, mais il y a aussi les agents et les agents administratifs.<br />Avec les agents, c&#8217;est beaucoup plus difficile de faire du Nous. Actuellement il y a une situation de crise parce que le boulot est difficile, que les remplacements ne suivent pas, qu&#8217;il y a beaucoup de pression sur l&#8217;équipe qui est obligée de se répartir le travail d’entretien du collège quand il y a des agents qui manquent.<br />Déjà le nous des agents est difficile à construire. <strong>Ils et elles subissent une mise en concurrence continuelle, ne se sentent pas écoutés/es , pas légitimes à faire front avec les enseignants</strong>.<br />Le nous est très difficile à construire et pour l&#8217;instant par rapport à cette situation de crise dans mon collège, le seul nous qu&#8217;on ait réussi à construire sous forme de revendications ce sont les profs, et les parents d&#8217;élèves.</p><p><strong>Jean-Louis Sagot-Duvauroux<br /></strong><strong>Il est important de penser non pas le nous mais les nous</strong> car nous avons beaucoup de nous différents, la famille, l&#8217;immeuble, le pays, l&#8217;humanité qui sont autant de nous différents, et les penser comme un projet, comme une construction. C&#8217;est un peu ce que Marx avait voulu faire en produisant le nous prolétarien, &#8220;Nous le prolétariat&#8221;. Et c&#8217;était un nous qui était décrit, qui avait des critères et qui avait des objectifs. Et pourquoi ce nous ? Parce que nous en avons besoin pour renverser le capitalisme.</p><p><strong>Christian Mahieux<br /></strong>Toute la question c’est le nous émancipateur, le nous vers l&#8217;émancipation. Et c&#8217;est là que ça se joue parce qu&#8217;effectivement <strong>« nous émancipateur », ça ne peut pas être effectivement quelque chose qui est fermé sur soi </strong>et qui en fait, est quelque chose qui n&#8217;aboutit pas à l&#8217;émancipation. Pour les syndicalistes, c&#8217;est le fameux débat entre les actions catégorielles et un mouvement général, y compris toute la reconnaissance des revendications, pas simplement des actions. Des revendications catégorielles, corporatistes, etc. avec tout un discours qui dit qu’il faut quasiment s&#8217;y opposer parce qu&#8217;elles empêchent un mouvement général.<br />Je fais partie de celles et ceux qui pensent que ça ne s’oppose pas, mais qu&#8217;au contraire la question, c&#8217;est comment effectivement ça nourrit un mouvement général, et c&#8217;est la même, et en fait, peut être que, le parallèle est un peu osé, mais, je pense que c&#8217;est la même chose ; on parlait des racisés, mais je pense que c&#8217;est pareil sur la question du féminisme, etc. Et faire le parallèle avec cette question-là, c&#8217;est comment effectivement tout ça se situe dans une perspective d&#8217;émancipation.</p>								</div>
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									<h3 class="MsoBodyText" style="margin: 0cm; line-height: 18.4px; font-size: 12pt; font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000; font-style: normal; font-weight: 400;"><b><span style="font-size: 14pt; line-height: 21.4667px; font-family: 'Times New Roman', serif;">On a besoin les uns des autres&#8230;</span></b></h3><p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm; line-height: 18.4px; font-size: 12pt; font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000; font-style: normal; font-weight: 400;"><span style="font-size: 14pt; line-height: 21.4667px; font-family: 'Times New Roman', serif;"> </span></p><p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm; line-height: 18.4px; font-size: 12pt; font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000; font-style: normal; font-weight: 400;"><span style="font-size: 14pt; line-height: 21.4667px; font-family: 'Times New Roman', serif;">La première force de séparation, c&#8217;est le capitalisme qui nous fait oublier combien nous sommes interdépendants. On a besoin les uns des autres. Mon terrain d&#8217;action, il est toujours relationnel, il est toujours ancré dans un endroit où c&#8217;est d&#8217;abord les gens avec qui je suis en relation, les gens avec qui je milite. J&#8217;ai souvent écrit sur le fait que si la gauche avait essayé de s&#8217;intéresser à la ruralité, avait essayé de s&#8217;en faire un de ces terrains, elle aurait pu aller regarder le fait que dans les territoires ruraux, indépendamment du vote, <b>il reste une tradition &#8211; et ce n&#8217;est pas que les territoires ruraux, c&#8217;est aussi les quartiers populaires &#8211; c&#8217;est une tradition de solidarité matérielle</b>. Indépendamment de tes désaccords avec tes voisins, tu te débrouilles pour être dans du don contre don permanent, je te prête une machine, on fait un chantier ensemble etc&#8230; ça, pour moi, c&#8217;est hyper important, dans ce que cela fabrique et j&#8217;ai pu voir les différences entre vivre dans une ville comme Paris et vivre à la campagne.</span></p><p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm; line-height: 18.4px; font-size: 12pt; font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000; font-style: normal; font-weight: 400;"><span style="font-size: 14pt; line-height: 21.4667px; font-family: 'Times New Roman', serif;">Il me semble qu&#8217;en fait, on est obligé de résoudre nos conflits parce qu&#8217;on habite ensemble, on n&#8217;a pas le choix et ça c&#8217;est un truc hyper important pour moi dans la lutte contre l&#8217;extrême droite à la campagne, c&#8217;est partout de rappeler que quoi qu&#8217;il en soit, les gens qui sont là sont là. Après tu peux te raconter des histoires et te dire que tu vas faire du tri, mais on n’y arrivera pas, les gens sont là, il faut faire avec tout le monde et ça pour moi c&#8217;est hyper important de se rappeler qu&#8217;on a besoin les uns des autres et c&#8217;est une façon de se rendre interdépendants les uns des autres. Et c&#8217;est ce qui s&#8217;est passé sur le mouvement de lutte contre l&#8217;aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Et on a gagné.</span></p><p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm; line-height: 18.4px; font-size: 12pt; font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000; font-style: normal; font-weight: 400;"><span style="font-size: 14pt; line-height: 21.4667px; font-family: 'Times New Roman', serif;"> </span></p><p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm; line-height: 18.4px; font-size: 12pt; font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000; font-style: normal; font-weight: 400;"><span style="font-size: 13.5pt; line-height: 20.7px; font-family: 'Times New Roman', serif;">Juliette Rousseau</span></p><p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm; line-height: 18.4px; font-size: 12pt; font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000; font-style: normal; font-weight: 400;"><span style="font-size: 13.5pt; line-height: 20.7px; font-family: 'Times New Roman', serif;">Au Forum des Médias Indé, Rennes, 11 avril 2026</span></p><p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm; line-height: 18.4px; font-size: 12pt; font-family: 'Liberation Serif', serif; color: #000000; font-style: normal; font-weight: 400;"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/210426/partout-en-france-des-gens-tiennent-la-barque-face-au-fascisme"><span class="LienInternet" style="color: navy; text-decoration: underline;"><span lang="UZ-CYR" style="font-size: 13.5pt; line-height: 20.7px; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Intégrale </span></span></a><span style="font-size: 13.5pt; line-height: 20.7px; font-family: 'Times New Roman', serif;">du débat &#8211; Partout en France des gens tiennent la barque face au fascisme &#8211; sur Médiapart en accès libre </span></p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-xl">Cet article fait partie du dossier :</h2>				</div>
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			<a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/05/07/je-nous-emancipation-individuelle-emancipation-collective/" target="_self" title="JE, NOUS : Emancipation individuelle, émancipation collective"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="609" src="https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio.jpg" class="attachment-full size-full wp-image-27337" alt="" srcset="https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio.jpg 800w, https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio-300x228.jpg 300w, https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio-768x585.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
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			<span class="uael-post__terms"><span class="uael-listing__terms-link">Horizons d'émancipation</span></span>		<h3 class="uael-post__title">

		
						<a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/05/07/je-nous-emancipation-individuelle-emancipation-collective/" target="_self">
				JE, NOUS : Emancipation individuelle, émancipation collective			</a>

				</h3>
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			Quels obstacles sur les chemins de l’émancipation&nbsp;? Une partie des exploités/es et des dominés/es qui pourtant est concernée, n’a-elle pas le sentiment que les mouvements, ...		</div>

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		<title>Comment partir de tous les JE pour faire Nous ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 15:24:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article - Horizons d'émancipation]]></category>
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					<description><![CDATA[Affirmer sa propre pensée Célia MusacIl ne faut pas avoir peur en réalité de dire des choses parfois qui ne correspondent pas à la norme. On trouve des gens qui pensent comme nous. On peut même lire des gens qui ont écrit il y a longtemps, des gens comme Kant, comme Franz Fanon, qui avaient [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="27378" class="elementor elementor-27378">
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									<h3><strong>Affirmer sa propre pensée </strong></h3><p><strong>Célia Musac<br /></strong><strong>Il ne faut pas avoir peur en réalité de dire des choses parfois qui ne correspondent pas à la norme</strong>. On trouve des gens qui pensent comme nous. On peut même lire des gens qui ont écrit il y a longtemps, des gens comme Kant, comme Franz Fanon, qui avaient une pensée très lumineuse, très claire, pleine de discernement, très libre en fait.<br /><strong>L&#8217;émancipation passera par cette affirmation de sa réflexion personnelle.</strong> Le fait d&#8217;assumer sa pensée, d&#8217;assumer sa différence s&#8217;il le faut. Kant écrit beaucoup sur l&#8217;éducation, pour éduquer tous les jeunes, et aussi pour éduquer les princes. Par l&#8217;éducation, on reçoit beaucoup d&#8217;idées préconçues, de préjugés, une culture, mais aussi des valeurs qui restent parfois assez inconscientes. Et il faut que ça devienne conscient, assumé, qu’il y ait un tri entre ce qu&#8217;on a reçu, et ce qu’on va choisir de perpétuer ou pas.<br /><strong>Ce travail d&#8217;éducation permettra au jeune de prendre sa place dans la société et de penser par lui-même, quelles que soient les classes sociales.</strong></p><p><strong>Jean Blaise Lazare<br /></strong>Quand on est un Je affirmé ou en tous cas épanoui, on peut se poser en porte-à-faux par rapport à un Nous qu’on ne cautionne pas forcément de manière globale, ou par rapport à un Nous totalitaire qui demande aux autres d&#8217;être englobés dans leurs singularités et qui refuse toute mise en avant d&#8217;idées contradictoires.<br />L&#8217;élaboration d&#8217;un Je émancipé émerge forcément d’une question d&#8217;éthique. Quand on est un Je émancipé, on a besoin de se paramétrer par rapport aux autres. Ce paramétrage, c&#8217;est nous qui l&#8217;effectuons. Ce n&#8217;est ni la loi, ni la morale.<br />Quand on n&#8217;est pas émancipé, on tombe sous le coup de la morale et de la loi qui fait le trait d&#8217;union entre les deux, ou, disons se supplées l&#8217;une l&#8217;autre.<br />Cet état de fait n&#8217;est pas le meilleur pour l&#8217;individu, <strong>puisqu’à partir du moment où on est émancipé, on n&#8217;a plus besoin ni de loi ni de morale, donc on peut très bien se situer par rapport à soi-même.<br /></strong>Même si on admet, dans ces cas-là, avoir besoin d&#8217;en rabattre sur ses prétentions quand on est en porte- à- faux par rapport à la Loi ou par rapport à la morale, et que ces porte- à -faux peuvent mener à des conflits ou des confrontations qui ne valent pas le coup.<br />Je pense que <strong>ce Je émancipé est fondateur en quelque sorte d&#8217;une nouvelle société </strong>effectivement plus de type libertaire que de type communiste du moins comme les expériences de type totalitariste en Chine, en Russie ou ailleurs.</p><h3><strong>Un Je émancipé qui s’inscrit dans un Nous émancipateur</strong></h3><p><strong>Ludivine Bantigny </strong>donne des exemples de femmes qui ont affirmé dans le même temps un Je émancipé inscrit dans un Nous collectif :<br />« Claire Lacombe, qui signait ses lettres de prison : <em>votre concitoyenne Lacombe femme libre</em>, toute sa correspondance traduit cette nécessité pour elle de dire Je en permanence de partir de son expérience pour revendiquer une liberté collective. Toutes ces femmes, qui, parfois n&#8217;ont même pas de représentation, qui sont toujours parties de leur expérience individuelle, de la lutte. C&#8217;est le cas de Sanité Belair ou de Claire Heureuse, de ces femmes qui sont aussi des femmes « de » parce qu&#8217;elles sont des épouses de dirigeants révolutionnaires haïtiens, mais ne veulent évidemment pas se réduire à ce statut. Déjà elles pensent l&#8217;émancipation en tant qu&#8217;individu et en tant que femmes, au sens d&#8217;un collectif, dans une perspective anti patriarcale et dans une perspective antiraciste anticoloniale anti-impérialiste.<br /><strong>Elles revendiquent de dire Je et de raconter leur histoire. <br /></strong>Sojourneur Truth était une esclave. Elle a été vendue et achetée à neuf ans, en même temps qu&#8217;un lot de moutons. Elle va réussir à être affranchie de cette exploitation maximale qui est déjà une exploitation capitaliste, elle a le souci de partir de son histoire dans le fameux texte : <em>Ne suis-je pas une femme</em>, et elle va montrer que tout ce qu&#8217;elle a subi, et elle va aussi s&#8217;adresser aux hommes de couleur.<br />Aujourd&#8217;hui encore, dans les grandes manifestations, les grandes marches féministes de 2017 contre Trump des pancartes reprennent la phrase : <em>Ne suis-je pas une femme</em> quand elle décrit concrètement sa condition individuelle pour parler d’émancipation collective.  <em>She’s the people</em> c&#8217;est revenu aussi beaucoup dans ces manifestations.<br /><strong>Et à chaque fois se raconter, c&#8217;est aussi faire preuve d&#8217;une expérience qui nécessite d&#8217;être dépassée collectivement.<br /></strong><em>« Je suis communeuse, moi » :</em> Pélagie Daubain, une lingère sous la Commune, affirme cette fierté du JE, dans une émancipation collective, où le travail des femmes s&#8217;organise en chambre syndicale, et en coopératives de travail.<br />Comme les Sardinières de Douarnenez qui se sont organisées individuellement en mettant en avant le JE de travailleuses et aussi collectivement en comité de grève et c&#8217;est une des premières fois où les femmes vont se saisir de cette légitimité à lutter au sein d&#8217;un comité de grève qui ne serait pas uniquement masculin.<br /><strong>Les féministes se sont beaucoup organisées en acceptant de raconter leur histoire, de raconter la violence qui leur est imposée, tout en articulant cette histoire individuelle à des perspectives politiques émancipatrices</strong>. <br />C’est le cas des comités de contrôle pour vérifier que la loi Veil (l&#8217;autorisation de l&#8217;ivg) soit vraiment mise en œuvre. Décider nous-mêmes, se sentir vraiment légitimes, <em>Notre bon droit prime la loi, </em>dit une affiche, c&#8217;est très important. On ne mendie pas un juste droit, on se bat pour lui, ça traverse complètement les mouvements d&#8217;émancipation.</p><p><strong>Michelle Riot Sarcey<br /></strong>Dans la première moitié du 19 e siècle en particulier, les femmes savaient parfaitement ce qu&#8217;elles disaient, elles étaient particulièrement efficaces à la fois dans le JE et le nous, mais pour des raisons qu&#8217;il faudrait absolument élucider après coup dans la continuité du moment historique il y a un effacement.</p><h3><strong>Un mouvement collectif, une expression individuelle</strong></h3><p><strong>Ludivine Bantigny<br /></strong>Plus récemment dans le mouvement des gilets jaunes, chaque personne venait avec son gilet et l’individualisait, on retrouvait un foisonnement extraordinaire, très particulier où des gens pouvaient dire Je. Certains/es se présentaient en tant que ceci ou cela, jardinière, infirmière, prof etc. D’autres écrivaient : <em>ceci n’est pas un gilet jaune</em> en référence à Magritte, ou <em>c’est dans la rue qu’on grand débat </em>pendant que d’autres affirment Nous<em> sommes les hommes et les femmes qui ont décidé de ne plus vivre à genoux</em> ou <em>Nous sommes tous des femmes et des hommes politiques.<br /></em>C&#8217;est justement assumer collectivement la légitimité à parler politique</p><h3><strong>Des Nous fertiles </strong></h3><p><strong>Makan Rafatdjou<br /></strong><strong>Les nous les plus résilients, les plus proactifs, les plus durables sont des nous où il y a une dynamique, très fertile entre l&#8217;unité et la diversité</strong>. Dans le mouvement féministe, il n&#8217;y a pas de partis ou organisations qui se soit donné le monopole du féminisme, voire des États. Et c&#8217;est ce dont souffre le mouvement ouvrier.</p><p><strong>Jean-Louis Sagot-Duvauroux<br /></strong>Je crois qu&#8217;il y a une expérience tout à fait récente qui montre bien que ces Nous ne sont pas génétiquement programmés. C&#8217;est ce qui s’est passé à Saint Denis ! Là on a un Nous très intéressant : <strong>nous les habitants de Saint Denis nous choisissons comme représentant une municipalité et un maire</strong> qui ne correspondent pas à l&#8217;idée habituelle du &#8221; nous une ville de France &#8220;.  Cela a beaucoup remué l&#8217;opinion. C&#8217;était très intéressant car je pense que beaucoup de gens se sont mis à regarder ce monsieur comme une personne tout simplement. Et il est apparu comme un homme normal, son visage, sa façon de parler, ses gestes, ses civilités l&#8217;incluaient vraiment dans le nous français. Et il est élu au premier tour. C&#8217;est quelque chose d&#8217;assez nouveau.</p><p><strong>Patrick Vassallo<br /></strong>Ce qui s’est passé à Saint-Denis c’est d&#8217;abord un rejet extrêmement fort de la politique méprisante, petite bourgeoise parisienne du maire précédent et <strong>l’affirmation dans les quartiers populaires qu’on était capable d&#8217;avoir des idées sur ce que devait être la ville</strong>.<br />À l&#8217;Ile Saint Denis le maire a publié une Visio dans laquelle il dit :  je suis né ici, je suis noir, je suis musulman, je suis moitié issu de l&#8217;immigration de l’Afrique de l&#8217;Ouest et je suis là et je suis même président de l&#8217;association des maires de Seine Saint Denis. Voilà, c&#8217;est l&#8217;ensemble de ces affirmations qui se dresse comme une résistance et une autre dynamique que contre les dominations.</p><h3><strong>Des Je racisés ou héritiers de l’immigration ? </strong></h3><p><strong>Ludivine Bantigny<br /></strong>La question n&#8217;est pas est-ce qu&#8217;on emploie le mot racisé. Les personnes qui souhaitent l’employer en particulier les personnes concernées ont légitimité à le faire. L&#8217;enjeu n’est pas tant le vocabulaire que la réalité. Si le terme de race a été conceptualisé dans les milieux militants politiques, ce n’est évidemment pas par racisme, c&#8217;était pour dire que les races humaines n&#8217;existaient pas, n&#8217;existent pas, contrairement à tout ce que nous a raconté y compris de prétendus républicains comme Jules Ferry, qui parlait de race supérieure et de race inférieure et de droit des races supérieures à coloniser les races inférieures. Les races humaines n&#8217;existent pas, mais elles tuent, le racisme tue. C&#8217;est vraiment prendre en considération le fait qu’il y a <strong>une légitimité des personnes directement concernées, comme c&#8217;est le cas pour les femmes, comme c&#8217;est le cas pour les minorités sexuelles, à s&#8217;organiser de façon autonome.</strong></p><p><strong>Makan Rafatdjou<br /></strong>Il y a des nous qui se reconnaissent dans le mot racisé, il y a des nous qui ne se reconnaissent pas mais qui néanmoins tendent vers les mêmes objectifs d&#8217;émancipation et libération. Et de l&#8217;autre côté, on a des gens qui utilisent le mot race des gens qui n&#8217;utilisent pas le mot race, mais dans les deux cas, tendent vers les dominations.<br />Je trouve intéressant de voir <strong>où passent les lignes de fracture </strong>par-delà des débats qui restent ouverts qui sont des débats importants, parce que ce ne sont pas seulement des débats théoriques.</p><h3><strong>Partir vraiment des Je pour construire le Nous</strong></h3><p><strong>Pierre Zarka<br /></strong>La diversité n&#8217;est pas simplement le respect de la diversité, c&#8217;est prendre en compte la nécessité de s’ancrer dans les JE pour avancer, porter la valorisation au bon sens du terme de chaque individu.</p><p><strong>Josiane Zarka<br /></strong><strong>Les « Nous » ne peuvent se construire qu’à partir des individualités, des expériences et de désirs personnels. <br /></strong>Le rôle premier de la politique ne devrait-il pas être d’identifier et de valoriser ces « moi » spécifiques et de les aider à reprendre le contrôle de leur vie quotidienne. Par exemple l’écologie devrait moins stigmatiser les comportements individuels mais proposer des mesures et des technologies qui favorisent l’autonomie. Les couches populaires aiment faire les choses par elles-mêmes. Aujourd’hui, nombre de technologies ne peuvent plus être réparées ou bricolées par soi-même. Les dispositifs étatiques de rénovation des logements sont souvent compliqués et hors de portée. La métropole de Lille finance directement, sur dossier, les habitants qui souhaitent réaliser eux-mêmes les travaux de rénovation de leur logement.</p><p><strong>Ludivine Bantigny<br /></strong>Le film <em>Soulèvement</em> c&#8217;est du JE et du Nous. Le film s&#8217;organise par des phases caméras avec des jeunes (essentiellement) femmes et hommes qui s&#8217;expriment sur le rapport à la terre, sur le rapport au mouvement. Et il y a une façon de dire Je qui est extrêmement forte, puissante, poignante. On part à chaque fois des expériences du rapport à soi, au métier d&#8217;agriculteur/agricultrice, éventuellement paysan ou autre pour parler d&#8217;émancipation collective.</p><p><strong>Patrick Vassallo<br /></strong><strong>La forme de démocratie des Soulèvements de la terre, c&#8217;est celui qui fait qui a raison. Ils sont partis de ces réactions de résistance et de rejet individuel. </strong>Pour faire des mouvements qui, eux, sont absolument collectifs, mais dans lequel le Je individuel compte énormément. Ceux qui faisaient les écureuils entre Castres et Toulouse sur le parcours de l&#8217;A69 se mettaient en danger individuellement. Mais s’ils ne s&#8217;étaient pas mis en danger chacun individuellement, il n&#8217;y aurait pas eu de mouvement collectif et il n’y aurait pas eu les victoires précaires, peu durables, mais idéologiquement intéressantes dans le secteur.</p><h3><strong>Et ne pas partir d’un Nous préconçu ? </strong></h3><p><strong>Makan Rafatdjou<br /></strong>Un Nous fertile c’est quand il<strong> y a une visée qui n&#8217;est pas formulée à l&#8217;avance, mais qui se formule au fur et à mesure de la pratique même des mouvements et de leurs pensées</strong>. Ne pas oublier que les Nous sont des sujets collectifs, avec des subjectivités collectives. Pour perdurer ils ont besoin d’être ouverts, dynamiques et évolutifs face à des contextes historiques nouveaux.</p><p><strong>Pierre Zarka<br /></strong><strong>À nous de savoir partir des JE</strong>. Plus personne « n’adhère » à car le mot adhérer suppose un Nous déjà construit par d’autres et qui ne résulte pas de son propre engagement. Or les mêmes méthodes que par le passé, sont la répétition de : Écoutez-nous et suivez-nous, et puisque vous êtes d&#8217;accord avec nous, vous voterez pour nous le jour venu.</p><p>Ce qui manque c’est de voir comment à chaque fois, ensemble on essaye d&#8217;agir et de construire un mouvement qui devienne une force collective d’un nouveau type. Ce qu’avaient recherché les Gilets Jaunes. Je suis frappé comment après Le 10 septembre deux syndicats ont dit : « Il faut que le budget soit écrit dans la rue ». Très bien, mais j&#8217;attends toujours une initiative dans la rue.</p>								</div>
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									<h3><strong>La restitution des cahiers de doléances de 2019</strong></h3><p><strong>France Culture /</strong><strong>Une histoire particulière /</strong><strong>26 avril 2026 /</strong><strong>Extraits </strong></p><p>« Le passage d&#8217;une souffrance privée à une doléance qui a une portée générale, se fait par le geste d&#8217;écriture, le fait d&#8217;aller contribuer dans un registre de consultation, un petit peu comme au moment du vote quand tous nos bulletins individuels se confondent dans une urne, puis il y a ce moment de la révélation du dépouillement et là c&#8217;est pareil. Ces femmes qui ont écrit, elles ne signent pas en tant qu’individu, elles se positionnent dans la société de manière relationnelle, dans le soin qu&#8217;elle prenne des autres, de leur enfant, mais elles ne sont pas que maman, elles participent ainsi à la vie de la cité et leur témoignage est là pour éclairer la vie démocratique et il est là pour ne plus être une souffrance individuelle et singulière. Il est là au contraire pour produire une réflexion démocratique qui permette de faire advenir un monde dans lequel elles soient l&#8217;objet d&#8217;une solidarité plus forte dans lequel les enfants soient mieux pris en charge par la collectivité et c&#8217;est tout à fait politique parce qu&#8217;elles mettent ça sur la place publique. C&#8217;est un objet de débat public et c&#8217;est un objet dont on débat très peu finalement. »<br /><strong>Magali Della Sudda</strong></p><p>« <strong>Le recours à l&#8217;intime</strong> a un sens particulier parce que les gens qui ont choisi de le faire utilisent leur cas personnel non pas pour qu&#8217;il soit réglé, mais comme exemple d&#8217;une situation qu&#8217;il juge scandaleuse : je travaille mais je n&#8217;arrive pas à boucler les fins de mois, je travaille et je tombe dans la pauvreté, et ça c&#8217;est très fort parfois très poignant comme témoignage et ça vise à dénoncer un scandale et dénoncer un scandale par l&#8217;exemple ça vise à remettre de l&#8217;humain, donc de la dignité à cette expérience qui est indigne, à remettre de la politique là où il n&#8217;y en a pas forcément, réexpliquer que c&#8217;est bien le fonctionnement collectif de notre société qui permet qu&#8217;on puisse devenir travailleur et pauvre et que ceci est un scandale et donc <strong>dénoncer le scandale c&#8217;est bien créer du commun</strong>. »<br /><strong>Romain Benoît-Levy</strong></p><p>«Ce que ces doléances montrent, c&#8217;est bien la capacité de personnes qu&#8217;on entend très peu et qu&#8217;on ne voit plus dans le débat public, qu&#8217;on ne voit plus beaucoup dans les représentations culturelles, dans les films, dans la musique. <strong>Dans les cahiers de doléances, elles reviennent ces classes populaires</strong>, elles nous disent l&#8217;attachement profond des personnes qui ont contribué dans ses cahiers à la citoyenneté politique, aux institutions démocratiques, mais aussi à la citoyenneté sociale et aux services publics et c&#8217;est très important si on veut résoudre la crise de confiance qui s&#8217;est ouverte depuis plusieurs décennies mais qui s&#8217;est aggravée depuis quelques années, de prendre appui sur ces paroles citoyennes pour pouvoir penser des manières de retisser le lien démocratique entre les personnes qui vivent et qui font vivre ce territoire, mais aussi entre ces personnes et celles et ceux qui les représentent.»<br /><strong>Magali Della Sudda</strong></p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-xl">Cet article fait partie du dossier :</h2>				</div>
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			<a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/05/07/je-nous-emancipation-individuelle-emancipation-collective/" target="_self" title="JE, NOUS : Emancipation individuelle, émancipation collective"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="609" src="https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio.jpg" class="attachment-full size-full wp-image-27337" alt="" srcset="https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio.jpg 800w, https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio-300x228.jpg 300w, https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-1-Dossier-Je-Nous-Sergedignazio-768x585.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></a>
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			<span class="uael-post__terms"><span class="uael-listing__terms-link">Horizons d'émancipation</span></span>		<h3 class="uael-post__title">

		
						<a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/05/07/je-nous-emancipation-individuelle-emancipation-collective/" target="_self">
				JE, NOUS : Emancipation individuelle, émancipation collective			</a>

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			Quels obstacles sur les chemins de l’émancipation&nbsp;? Une partie des exploités/es et des dominés/es qui pourtant est concernée, n’a-elle pas le sentiment que les mouvements, ...		</div>

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		<title>JE, NOUS : Emancipation individuelle, émancipation collective</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 15:20:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Horizons d'émancipation]]></category>
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					<description><![CDATA[Quels obstacles sur les chemins de l’émancipation&#160;? Une partie des exploités/es et des dominés/es qui pourtant est concernée, n’a-elle pas le sentiment que les mouvements, les organisations ne s’adressent pas à elle&#160;et qu’elle ne peut pas participer à la construction d’un Nous émancipateur ? La prise en compte du Je (de l’intime) pour construire le [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="27336" class="elementor elementor-27336">
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									<p>Quels obstacles sur les chemins de l’émancipation&nbsp;?</p>
<p>Une partie des exploités/es et des dominés/es qui pourtant est concernée, n’a-elle pas le sentiment que les mouvements, les organisations ne s’adressent pas à elle&nbsp;et qu’elle ne peut pas participer à la construction d’un Nous émancipateur ?</p>
<p>La prise en compte du Je (de l’intime) pour construire le Nous n’est-il pas à la fois un gage et une condition de succès pour les mouvements populaires ?</p>
<h1><strong>Avant la table ronde…</strong></h1>
<p>Cerises poursuit&nbsp; son travail sur les rapports du Je au Nous. Nous avons indiqué qu’une partie des exploité·e·s et des dominé·e·s qui pourtant est concernée, ne se retrouve pas dans un Nous émancipateur.</p>
<p>A ce propos que nous enseignent les luttes féministes&nbsp;? Les puissantes vagues féministes internationales des années 2000 ont libéré la parole, ont renforcé la pensée critique et fait progresser les droits des femmes. Le huis clos du couple, comme le huis clos du procès de Gisèle Pélicot, éclate et l’intime devient politique. Le Nous libère le Je, les Je font le nous, le mouvement féministe articule de manière pertinente l’individuel et le collectif. Et ce processus engrange des victoires contre la domination patriarcale et au-delà contre toute domination.</p>
<p>Ce passage du Je (de l’intime) au Nous n’est-il pas à la fois un gage et une condition de succès pour les mouvements populaires ? Inscrire la lutte pour l’égalité à partir de l’action contre toutes les oppressions, n’est-il pas un atout pour construire un rapport de force efficace ? Si oui pourquoi les luttes contre l’exploitation et contre toutes les dominations ne s’inspirent-elles pas de ce qui fait force ? Qu’est-ce qui fait obstacle ? Ne faut-il pas de manière plus visible, plus affirmée mettre l’appropriation sociale comme objectif des luttes ? <strong>Appropriation au sens du pouvoir-faire de toutes et tous.</strong></p>
<p>Dans les contributions reçues en amont de notre table ronde, <a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/03/27/qui-parle-au-nom-du-nous-pour-une-reappropriation-collective-de-lemancipation/"><strong>Jean-Luc Ros</strong> </a>souligne que le Nous n’écrase pas les singularités, il les rend audibles. Et inversement, les expériences individuelles ne restent pas isolées, elles deviennent matière à construction collective. Jean-Luc incite à faire de l’égalité non pas une promesse différée, mais un principe actif de construction du rapport de force.</p>
<p><a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/04/08/je-nous-le-feminisme/"><strong>Bénédicte Goussault</strong></a> précise cette articulation du Je et du Nous au regard du mouvement féministe, de ses singularités, y compris dans ses dimensions internationales et intersectionnelles.</p>
<p><a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/03/27/de-lintime-a-la-politique/"><strong>Josiane Zarka</strong></a> rappelle que pour les générations qui ont précédé et immédiatement suivi le baby-boom, le passage du Je au Nous&nbsp; était presque « naturel » car synonyme de progrès collectifs et de changement de la société à l’échelle du monde.</p>
<p>Mais les nouvelles générations cherchent plutôt à « refaire société » c’est-à-dire à entretenir, tisser voire réparer les liens sociaux, de préférence dans la proximité, la sphère familiale ou amicale… là où leur « pouvoir faire » a quelques chances de changer les choses.</p>
<p>Ce que complète <a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/03/30/sinscrire-davantage-dans-les-je/"><strong>Pierre Zarka</strong> </a>en soulignant que nous vivons des temps où jusqu’au travail on sollicite de plus en plus le Je. L’épuisement des organisations est ici patent. N’apparaissons-nous pas trop souvent comme des théoriciens qui expliquent plutôt que comme valorisant les possibilités des faire par soi-même&nbsp;?</p>
<p>Pour <a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/04/14/au-travail-passer-par-le-je-pour-retrouver-un-vrai-nous/"><strong>Christine Depigny-Huet</strong></a>&nbsp; passer par le Je est incontournable pour retrouver un vrai Nous. Ainsi parler de son travail et prendre conscience de la valeur de son travail favorise le passage à l’action individuelle et collective pour le défendre et le promouvoir.</p>
<p><a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/04/02/de-la-singularite-des-je-aux-nous-singuliers/"><strong>Makan Rafatdjou</strong></a> insiste sur le défi, les enjeux et les difficultés de la prise en compte des singularités des Je afin d’éviter leur dissolution dans les collectifs qu’elles composent. Considérons donc Les Nous comme sujets collectifs qui intègrent altérités inclusives et exclusives.</p>
<p>La table ronde a permis de poursuivre le débat et nous vous invitons à la lecture des passages essentiels dans les pages qui suivent. <a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/04/25/du-je-et-du-nous-le-debat-en-integral/">L’intégrale est sur le site.</a></p>
<p><strong>L’équipe de rédaction</strong></p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Les articles de ce dossier :</h2>				</div>
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			<a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/05/07/cette-question-sest-elle-toujours-posee-de-la-meme-facon-ou-atteint-elle-aujourdhui-un-point-nevralgique/" target="_self" title="Cette question s’est-elle toujours posée de la même façon ou atteint-elle aujourd’hui un point névralgique ?"><img decoding="async" width="1280" height="720" src="https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-2-Dossier-les_temps_modernes.jpg" class="attachment-full size-full wp-image-27347" alt="" srcset="https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-2-Dossier-les_temps_modernes.jpg 1280w, https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-2-Dossier-les_temps_modernes-300x169.jpg 300w, https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-2-Dossier-les_temps_modernes-1024x576.jpg 1024w, https://ceriseslacooperative.info/wp-content/uploads/2026/05/3-2-Dossier-les_temps_modernes-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /></a>
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						<a href="https://ceriseslacooperative.info/2026/05/07/cette-question-sest-elle-toujours-posee-de-la-meme-facon-ou-atteint-elle-aujourdhui-un-point-nevralgique/" target="_self">
				Cette question s’est-elle toujours posée de la même façon ou atteint-elle aujourd’hui un point névralgique ?			</a>

				</h3>
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			7 mai 2026		</span>
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		<div class="uael-post__excerpt">
			Une question qui n’est pas nouvelle Christian MahieuxJe pense que l’histoire du passage du Je au Nous n’est pas nouvelle. Il y a 40, 50 ...		</div>

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				Il y a une multiplicité de Nous, mais le Nous est-il toujours émancipateur ?			</a>

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			<a href="https://ceriseslacooperative.info/author/cerises/" title="Articles par La Rédaction" rel="author" itemprop="author" itemscope="itemscope" itemtype="https://schema.org/Person">La Rédaction</a>		</span>
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													<i aria-hidden="true" class="fa fa-calendar"></i>									
			7 mai 2026		</span>
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		<div class="uael-post__excerpt">
			Makan RafatdjouIl y a une historicité. On est tous d&#8217;accord, mais ne donnons pas l&#8217;impression que ces tensions entre Je et Nous, telles qu&#8217;elles étaient ...		</div>

					<a class="uael-post__read-more elementor-button" href="https://ceriseslacooperative.info/2026/05/07/il-y-a-une-multiplicite-de-nous-mais-le-nous-est-il-toujours-emancipateur/" target="_self" aria-labelledby="uael-post-27362">
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				Comment partir de tous les JE pour faire Nous ?			</a>

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			<a href="https://ceriseslacooperative.info/author/cerises/" title="Articles par La Rédaction" rel="author" itemprop="author" itemscope="itemscope" itemtype="https://schema.org/Person">La Rédaction</a>		</span>
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			7 mai 2026		</span>
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			Affirmer sa propre pensée Célia MusacIl ne faut pas avoir peur en réalité de dire des choses parfois qui ne correspondent pas à la norme. ...		</div>

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		<title>Neuropsychologie et changements d’opinions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre Zarka]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 14:43:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[  Depuis les années soixante-dix, les neuropsychologues nous apportent une explication (et une méthode) sur la formation des idées et les changements d’opinions. Selon eux, on ne passe pas d’un non-connu à un nouveau connu par bond. Notre cerveau fonctionnerait de manière rampante entre ce que nous savons déjà et comment ce déjà peut glisser [&#8230;]]]></description>
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									<p> </p><p><strong>Depuis les années soixante-dix, les neuropsychologues nous apportent une explication (et une méthode) sur la formation des idées et les changements d’opinions. </strong>Selon eux, on ne passe pas d’un non-connu à un nouveau connu par bond. Notre cerveau fonctionnerait de manière rampante entre ce que nous savons déjà et comment ce déjà peut glisser vers une suite logique. Ce qu’ils appellent « zone de proche développement ». Les forces du capital ont exploité ce savoir notamment pour le management. Des psychologues et neuropsychologues sont devenus de véritables mercenaires au service de la bourgeoisie. Combien de fois, lorsqu’une mauvaise nouvelle nous tombe dessus, elle vient après une telle préparation des esprits qu’on entend dire « ça devait bien se terminer comme ça » ? Peut-être pourrions-nous nous interroger sur les « pas encore là » que les « déjà là démocratiques » nous permettraient d’investir, en les considérant comme des points de départ.</p><p>Les scientifiques ont exploré les différences de perception entre ce qui est éclairé de l’extérieur et ce qui produit sa propre lumière. Ils ont mis des gens à regarder un film au cinéma &#8211; où la lumière est projetée &#8211; et le même film devant la télévision où la lumière vient du film. Si j’ose dire, il n’y a pas photo entre la capacité de mémorisation au cinéma ou devant la télé. Au détriment de cette dernière. Pourquoi ? Lorsque l’objet est éclairé de l’extérieur, ce sont les circuits neurologiques « longs » qui nourrissent la réflexion, qui sont à l’œuvre. Cela a été le progrès, notamment avec l’apparition de l’écriture. Mais si vous vous mettez devant un feu &#8211; il produit sa propre lumière &#8211; vous rêvez : ce sont les circuits de la fascination qui sont à l’œuvre, comme sans doute l’effet qu’ont eu les vitraux d’Eglise au Moyen Age. Les spécialistes notent qu’aujourd’hui, on ne lit pas de philosophie sur écran mais que l’on est pour chaque recherche, en l’attente d’un résultat immédiat et simpliste entre cause et effet du type : j’ai soif donc je bois. Les raisonnements sont alors vécus comme des tunnels. Très souvent le temps de lecture est affiché : sa brièveté est devenue un argument attractif.</p><p>Combien d’enseignants sont vent debout devant les écrans qui suppriment toute nécessité d’approfondir ? L’écran est une école pour répéter. Même des informaticiens mettent en garde contre la culture du tout numérique et Bill Gates avait mis ses enfants dans une école où les écrans étaient bannis. (Faites ce que je dis et pas ce que je fais).</p><p><strong>Pierre Zarka</strong></p>								</div>
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		<title>NEUROSCIENCES : QUEL APPORT AU SAVOIR ET A LA CONSTRUCTION  ?</title>
		<link>https://ceriseslacooperative.info/2026/05/07/neurosciences-quel-apport-au-savoir-et-a-la-construction/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[ Lou Ursini-Charveriat]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 14:36:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[Convaincre sans braquer : neurosciences d’une stratégie du changement   L’analyse des mouvements sociaux se heurte souvent à une énigme : pourquoi des arguments rationnels, aussi étayés soient-ils, échouent-ils si souvent à déplacer les lignes de conviction?  Pour comprendre cette inertie qui semble paralyser le débat public, il faut se pencher du côté de notre [&#8230;]]]></description>
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									<h2><strong>Convaincre sans braquer : neurosciences d’une stratégie du changement</strong></h2>
<p> </p>
<p><strong>L’analyse des mouvements sociaux se heurte souvent à une énigme : pourquoi des arguments rationnels, aussi étayés soient-ils, échouent-ils si souvent à déplacer les lignes de conviction?</strong> </p>
<p>Pour comprendre cette inertie qui semble paralyser le débat public, il faut se pencher du côté de notre cerveau. Car si les consciences rejettent si violemment le saut révolutionnaire, c&#8217;est d&#8217;abord parce que nos mécanismes neurobiologiques verrouillent nos opinions pour dicter une résistance structurelle au changement.</p>
<p>Loin du mythe d&#8217;une raison pure, <strong>le cerveau humain ne traite pas l’information de manière neutre</strong>. Il fonctionne de manière “prédictive” : il anticipe et interprète les informations en fonction de ce qu’il croit déjà. En d’autres termes, on ne reçoit pas les informations de façon objective &#8211; on les filtre sans même s’en rendre compte. Chaque information est ainsi soumise à un arbitrage inconscient : est-ce que cette donnée vaut l’effort cognitif nécessaire pour l’intégrer ? </p>
<p>Le mécanisme est d&#8217;une efficacité redoutable : lorsque nous rencontrons une information qui confirme nos attentes ou valide une croyance profondément ancrée, notre cerveau déclenche le circuit de la récompense et libère de la dopamine procurant un sentiment de satisfaction, voire de gratification intellectuelle. À l’inverse, une information qui contredit trop nos repères ne laisse pas le cerveau indifférent : elle déclenche une réaction de stress. L’amygdale, le centre des émotions, s’active et libère du cortisol, transformant le désaccord en tension biologique.</p>
<p>Pourquoi une telle réaction ?<strong> Parce que le cerveau cherche avant tout à préserver sa cohérence.</strong> Son objectif n’est pas tant de rechercher la vérité que de maintenir un équilibre stable, en évitant l’incertitude et les efforts inutiles. Dans cette logique, il est plus simple de discréditer l’information perturbatrice que de remettre en question ce que l’on pensait acquis, le coût cognitif des changements nécessaires apparaissant alors comme disproportionné et insuffisamment motivé.</p>
<p><strong>Notre cerveau privilégie ainsi la continuité et le prévisible, ce qui découle logiquement de l&#8217;acquis, au détriment de la rupture radicale</strong>. C’est sur ce terrain miné que les forces de progrès s’épuisent souvent, là où d’autres, plus habiles, ont appris à faire glisser les opinions sans jamais déclencher l&#8217;alarme du cortisol. Si le stress paralyse l’action, le confort, lui, facilite l’adhésion.</p>
<p><strong>Les classes dominantes ont ainsi appris à contourner cette résistance biologique en pratiquant l&#8217;art du glissement progressif</strong>. Plutôt que de brusquer le système cognitif par des changements radicaux, elles présentent leurs réformes comme des nécessités inévitables, découlant logiquement de la précédente, inscrivant chaque recul social dans une continuité rassurante. C’est ainsi que la « fenêtre d’Overton » se déplace, jusqu’à rendre aujourd’hui certaines positions extrêmes plus banales, voire tolérées.</p>
<p>Ce processus repose sur un véritable détournement sémantique. La rhétorique néolibérale opère ainsi une reformulation systématique du réel en utilisant des mots familiers pour faire passer des concepts nouveaux. Par exemple, transformer la « protection sociale » en « charges » change radicalement la perception du public : dès lors, supprimer des « charges » ne ressemble plus à la suppression d&#8217;un droit, mais devient la libération d&#8217;une contrainte. Ce travail sur les mots n’est pas anodin. Comme le soulignait Antonio Gramsci, l&#8217;hégémonie culturelle se construit d&#8217;abord dans les détails du langage quotidien. En modifiant le dictionnaire, on instaure un pouvoir de contrôle sur la pensée, une idée reprise par Orwell dans <em>1984</em> avec la notion de « novlangue ». </p>
<p>Face à cette mécanique de précision, les forces de progrès se retrouvent souvent piégées dans une alternative stérile : soit le choc frontal de la rupture, qui braque et active les défenses psychologiques, soit le suivisme des sondages, qui condamne à rester dans les clous fixés par l&#8217;adversaire.</p>
<p><strong>Pour rompre ce cercle vicieux, une réflexion stratégique s&#8217;impose</strong>. Si le cerveau rejette le saut, il accepte la marche. L’audibilité des propositions de rupture dépend de notre capacité à les présenter non comme un chaos imprévisible, mais comme l’aboutissement logique et désirable de nos besoins fondamentaux. Dans un système qui tolère mal l’incertitude, la radicalité ne devient acceptable qu&#8217; accompagnée d’une rigueur technique et d’un changement progressif, en montrant que l’instabilité provient du système actuel et non de la transformation elle-même.</p>
<p>Cependant, cette crédibilité technique reste vaine sans une rupture sémantique majeure. Sortir de l&#8217;impasse exige de délaisser le lexique adverse : contester un cadre en empruntant ses propres termes ne fait que consolider les réseaux neuronaux qui le soutiennent. <strong>Penser différemment nécessite donc de parler différemment</strong> : il s’agit d’identifier les fondements de croyances partagées, déjà disponibles dans notre fond culturel, pour les réactiver sous des formes sémantiques nouvelles.</p>
<p>Toutefois, cette transformation du langage ne saurait suffire en elle-même : le mot ne neutralise pas le rejet s’il ne s’accompagne pas d’un basculement de l’imaginaire. Tant que le discours social sera assimilé à une injonction punitive, il déclenchera une réponse de stress hostile au changement. </p>
<p>S’ajoute à cela un paradoxe temporel : nos combats s&#8217;enlisent dans une posture défensive de conservation d&#8217;un présent pourtant insatisfaisant. Nous luttons pour que la situation n’empire pas, perdant ainsi le moteur de l&#8217;anticipation positive. Pour convaincre, le projet doit redevenir un objet de désir : présenter la transition non comme un renoncement, mais comme un gain immédiat de « temps de vie » et de « lien social ». Il faut retrouver l’élan ; celui qui naît non pas de la volonté de maintenir un statu quo déjà insatisfaisant, mais de l’espoir d’un avenir meilleur.</p>
<p><strong>Convaincre sans braquer constitue aujourd’hui un défi central pour les acteurs du changement, que les apports des neurosciences permettent d’éclairer en rendant le changement désirable plutôt que subi</strong>.</p>
<p><strong> Lou Ursini-Charveriat,</strong> Pro(to)topia </p>								</div>
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		<title>Michelle Perrot : une historienne engagée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bénedicte Goussault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 14:27:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Delicieux]]></category>
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					<description><![CDATA[Michelle Perrot est une historienne à la fois pionnière et engagée… ce qu’elle dit devoir en grande partie à son éducation&#160;: entre une famille (et notamment un père) très libérale, qui l’a considérée «&#160;comme un fils&#160;», ce qui juste après guerre signifiait la liberté. Notamment dans ses choix, et un cours Bossuet religieux et conventionnel. [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Michelle Perrot est une historienne à la fois pionnière et engagée… ce qu’elle dit devoir en grande partie à son éducation&nbsp;: entre une famille (et notamment un père) très libérale, qui l’a considérée «&nbsp;comme un fils&nbsp;», ce qui juste après guerre signifiait la liberté. Notamment dans ses choix, et un cours Bossuet religieux et conventionnel. Elle raconte&nbsp;: «&nbsp;Qu’est-ce que tu veux faire&nbsp;? lui demande son père après le bac. Tout était possible et ouvert. «&nbsp; Historienne&nbsp;» répond-elle à la stupéfaction de ses parents qui envisageaient «&nbsp;une autre carrière&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle commence par travailler non pas sur mais avec les ouvriers, P. Labrousse, directeur de thèse, lui ayant expliqué qu’elle ne ferait jamais carrière à travailler sur le féminisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 68, M. Perrot, à la Sorbonne, découvre le marxisme et adhère au Parti Communiste, ce qui restera le fil directeur de toute sa vie<em>. </em>Dans L<em>es ouvriers en grève,</em> en 1971, elle donne déjà toute la dimension qui sera la sienne comme historienne&nbsp;du social, du récit et du qualitatif&nbsp;: faire parler «&nbsp;les zones d’ombre et de silence&nbsp;», ceux qu’on n’entend pas, les invisibles. Concernant les ouvriers, elle étudie les grèves, les luttes et les effets de l’industrialisation à partir des vies ouvrières&nbsp;: la pauvreté, les chambres, les jeunes, la ménagère et la place des femmes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après un travail sur les prisons avec les détenus dans le sillage de M.Foucault, elle donne sa pleine mesure avec l’histoire des femmes (encore des invisibles et des sans-paroles), et du genre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Les femmes ont une histoire&nbsp;» nous fait-elle découvrir&nbsp;! Là encore, et sans doute plus encore que pour les ouvriers, M. Perrot pratique une histoire du récit&nbsp;: la mémoire des femmes, les femmes rebelles, les corps en lambeaux, les chambres des dames, le genre de la ville, le travail des femmes, George Sand et Louise Michel&nbsp;….et bien sûr, Simone de Beauvoir&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle décrit un&nbsp; patriarcat «&nbsp;persistant&nbsp;», les systèmes de domination et la subversion des femmes. En historienne, elle s’intéresse aussi à l’effervescence des années 70, 80&nbsp;et les&nbsp; transformations sociales liées notamment au M.L.F&nbsp;et&nbsp; à la loi sur l’avortement, le rôle actuel de #MeToo. Car dit elle&nbsp;: «&nbsp;L’histoire nous aide à comprendre le présent&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mélancolie ouvrière </em>en 2012&nbsp;fait la synthèse de ces thématiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Perrot se considère, en tant qu’historienne, comme un témoin en particulier du changement, qui donne la parole à ceux que l’on n’entend pas. L’histoire est pour elle quête de vérité, exige méthode et rigueur, et oblige à sortir de soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une grande dame.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bénédicte Goussault</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les ouvriers en grève</em>, Tome 2, France 1871-1890, Michelle Perrot, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, Collection : Les ré-impressions, 2013, 15,99  €</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mélancolie ouvrière, Michelle Perrot, Editions Points Histoire, 2014, 192 p., 8.70<a>€</a></p>
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