Délicieux

Le fantôme de Staline

Vladimir Fédorovski écrivain franco-russe est fils d’un héros ukrainien de la 2ème guerre mondiale et a été conseiller de Gorbatchev au moment de la perestroïka. Il a écrit notamment « Poutine et l’Ukraine, les faces cachées » « Le roman du Kremlin » « Le roman de Tolstoï » et « Sur tes cils fond la neige ».

Dans « Le fantôme de Staline » Fédorovski montre comment Poutine se réfère aveuglément à Staline et le réhabilite face à Lénine. Il voit en lui le porteur de la Russie éternelle, de la splendeur des tsars et du nationalisme russe. Ce sont les rêves de Poutine après l’échec, à ses yeux, de Gorbatchev et d’Eltsine qui auraient procédé à l’agonie de l’Empire. Staline est son modèle, il admire l’homme fort, le dictateur qui a su faire régner la terreur et la peur et organiser une police secrète, le KGB dont Poutine sera le chef jusqu’à son élection comme président. Staline qui, déjà, par le pacte germano-soviétique s’était opposé à l’occident et à l’Europe : il s’agissait de diviser la Pologne (une partie de la Biélorussie et l’Ukraine annexées par la Pologne revenaient à l’Union Soviétique ainsi que les États Baltes et la Bessarabie, la Finlande et l’Estonie. Même si Hitler a finalement rompu unilatéralement le soi-disant pacte, et attaqué l’Union Soviétique

Le parallèle entre les deux dictateurs est flagrant : ce rappel historique éclaire la stratégie et le rêve de Poutine, retrouver la grandeur de l’Union Soviétique au temps de Staline avec les mêmes méthodes, les mêmes adversaires (l’Europe) les mêmes conquêtes (la Crimée et l’Ukraine) et à n’importe quel prix.

Bénédicte Goussault

Le fantôme de Staline, Vladimir Fédorovski, Éditions du Rocher, 2007, 282 pages, 20,20 €

 

One Reply to “Le fantôme de Staline

  1. Il paraît difficile de dissocier la « Pacte germano-soviétque » de la « trahison de Münich » (Churchill), pacte comme un ensoi. évoqué seul, le plus souvent . Selon les archives diplomatiques du représentant de l’URSS à Londres (Cf. le Monde Diplomatique) l’opposition systématique de la Pologne de Pilsudsky à la traversée du Sud de la Pologne par l’Arme Rouge lui interdisait l’accès aux Sudètes donc rendait impossible l’affrontement à la Wehrmacht. Même si on peut estimer ( où sont les preuves?) que ce refus polonais pouvait être une justification  » a posteriori « . Difficile à imaginer selon les textes publiés par le « Diplo' » , au moment du moins, où Chamberlain renonce à Münich à contrer Adolf. Dans les années 80/85 le Monde vait publié deux pleines pages (par Michel Tatu) sur l »état politique de l’Urss, où il fait état de l’influence grandissante du « chauvinisme grand russien « 

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