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Les conditions d’une paix durable

La guerre en Ukraine ne vient pas de nulle part. On peut passer des heures à chercher des explications et des responsables, à analyser le contexte historique ; cela ne suffira pas pour autant à sortir du conflit. Cependant, peut-on ne pas prendre en considération la diversité des éléments de contexte et agir sur chacun d’entre eux pour qu’une solution pacifique durable voit le jour.

Force est de constater que les conditions ne sont pas actuellement réunies pour prendre cette direction et que ce sont les vieilles solutions militaires, sécuritaires, dominatrices, qui sont à l’œuvre et réduisent les perspectives d’emprunter les chemins de la paix.

Le résultat immédiat est la poursuite des opérations militaires, avec leurs corollaires de morts, de destructions, de vies brisées, de déplacement de population, d’affaiblissement des potentiels économiques, culturels, sportifs. A cela, il faut rajouter le risque très important d’un embrasement généralisé du conflit avec la menace d’utilisation d’armes de destruction massive. Cette situation vient nous rappeler que « la guerre n’est pas un jeu ». Cela confirme qu’à force de préparer la guerre, on finit par la faire. Cela rappelle amèrement que la guerre existe et qu’elle n’entraîne rien de positif pour les populations civiles. Cela confirme également qu’il y a bien des fauteurs de guerres et des profiteurs de malheurs. Cela remet dans les consciences que les hommes ont inventé des armes effroyables de destruction et que l’action pour leur élimination est la seule manière de s’en prémunir.

Le contexte de 2022 n’est cependant pas celui de 1914, de 1936, de 1939, de 1991. Le monde change et avec lui changent à la fois les attentes, les outils institutionnels et les mécanismes internationaux. Sortir de la situation de blocage actuel nécessite donc sans doute de se sortir des modes anciens de pensées qui font systématiquement référence à des notions de clans, de blocs, de bons et de méchants.

Le conflit actuel est bien consécutif à l’agression de la Russie et la priorité demeure bien l’arrêt des bombardements et le retrait des troupes russes des territoires ukrainiens. En rester là serait une manière de laisser couver le feu au lieu de l’éteindre. En effet, comme dans toute situation complexe nous avons besoin de prendre en compte toutes les problématiques et nous avons besoin d’agir sur de nombreux curseurs. Et les évidences n’en sont pas toutes ; comme celles de fournir des armes à l’agressé pour se défendre.

Ce conflit peut potentiellement engager de nombreux protagonistes. Il est donc important que tous ces acteurs soient partie-prenante de la solution, et que l’ensemble des craintes et accusations des uns et des autres soient sur la table. C’est pour cela que seule une agora indépendante est possible. Il en existe deux : l’ONU (Organisation des Nations Unies) et l’OSCE (Organisation pour la Sécurité Commune en Europe). L’OTAN n’en fait bien entendu pas partie. En effet, l’OTAN est une partie du problème. Réduite à une trentaine d’états, l’OTAN est une petite alliance politique et militaire partisane dont les visées sont clairement opposées à celles de la Russie. L’OSCE de son côté n’a pas de visée politique. C’est une structure de dialogue vouée à la sécurité commune dans laquelle se retrouve l’Ukraine, la Russie, les États-Unis, …, au total près de 60 états qui ont tous des intérêts dans l’arrêt de ce conflit et peuvent prendre chacun et communément des engagements pour construire les conditions de la sécurité de tous.

Au-delà de la nécessaire solidarité avec les victimes et les acteurs de paix, les conditions d’une paix durable passent par la prise en main de l’avenir par l’ONU et l’OSCE. C’est à cela que la France doit s’atteler.

Pierre Villard

Militant du Mouvement de la Paix


Lire aussi l’article de Christian Mahieux : “Soutien à la résistance ukrainienne

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